[Lu pour vous] – Anecdote sur le malentendu entre Shabair et Sabena

En 1993, Shabair, nous prenons la décision audacieuse de lancer des vols réguliers vers la Belgique, avec notre DC10, notre concurrent étant la puissante Sabena.

Je me tourne alors vers l’aviation civile belge, qui refuse d’accorder l’autorisation à Shabair, prétextant qu’elle ne « reconnaît pas le gouvernement que Mobutu venait de nommer ». 

Il fallait être Belge pour avancer une telle logique…

Avec le général Kikunda, nous choisissons d’opérer avec le droit d’Air Zaïre qui était autorisé.

Nous surmontons ainsi les obstacles dressés par nos concurrents belges…

Le premier vol inaugural nous conduit à Bruxelles aux alentours de dix-neuf heures. 

Les services au sol nous orientent, avec les passagers, vers des hangars techniques plongés dans l’obscurité.

Ensuite, à l’aide d’un porte-voix, il est exigé du commandant qu’il descende sous les feux des projecteurs braqués sur lui.

Je descends donc, et Kikunda insiste pour m’accompagner.

Après avoir été verbalisé, il m’est signifié que l’avion est saisi et que je ferai face à deux procès : l’un en civil, l’autre en pénal.

Le motif évoqué : avoir atterri à Bruxelles en violation des accords bilatéraux.

Après avoir retenu les passagers pendant une heure à bord de  l’appareil, les autorités aéroportuaires décident finalement de les laisser sortir, en m’imposant une facture de 1.000.000 FB pour l’utilisation de l’escalier appartenant à Sabena …

De retour à mon appartement, je contacte Nyoka, le ministre des Transports. 

Effondré, il accepte ma proposition : me confier les opérations de la RVA à Ndjili pour répliquer.

En accord avec la RVA, j’appelle la police Rva et j’attends donc l’atterrissage du 747 de Sabena vers vingt-trois heures.

1ere surprise, la tour de contrôle ordonne au B747 de stationner à l’hangar militaire ! 

Les escaliers de Sabena à Kinshasa y étant interdits d’accès, ce sont les escaliers de Shabair qui sont utilisés.

2e surprise, la tour ordonne alors qu’un passager descende et se rende à l’immigration à pied ; dès que les formalités sont accomplies, le suivant est autorisé à descendre, et ainsi de suite.

L’ambassadeur belge, dans un élan de panique, appelle Vunduawe, le Conseiller du président, qui se dépêche d’alerter le Maréchal en plein cœur de la nuit, pour qu’il intervienne.

Voici le message de Mobutu : « Dites à l’ambassadeur que, par courtoisie, comme j’ai été saisi par l’ambassadeur, je vais intervenir, mais que la Belgique retienne que c’est Shabair qui a raison. »

Tout rentre dans l’ordre, et je fais remettre à Sabena la facture de notre escalier, s’élevant à 1.000.001 FB …

Le lendemain matin, l’aéroport de Zaventem m’invite pour me montrer que notre DC10 a été déplacé  … vers le meilleur finger, tout en me remettant 1 FB en compensation des escaliers.

Le « malentendu » a été très vite réglé. 

Voilà comment se déroule la situation lorsque le droit est de notre côté !

Merci, Nyoka, merci, Maréchal

Stavros Papaioannou (Hewa_Bora)

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