Après le tête-à-tête Tshisekedi – Kagame à Doha

Le dialogue direct de Luanda en veilleuse !

Alors que le dialogue direct entre le gouvernement de Kinshasa et les rebelles de l’AFC/ M23 qui était prévu le 18 mars, a patiné : les 2 chefs d’Etat ont eu un tête- à -tête à Doha au Qatar le même jour. Pourtant la délégation congolaise est bel et bien arrivée dans la capitale angolaise, par contre les rebelles de l’AFC/M23 ont préféré remettre en cause la rencontre en publiant un communiqué. Entretemps, la situation sécuritaire et humanitaire sur terrain s’empire de plus en plus. La question est celle de savoir ce que va devenir le dialogue de Luanda après ce round avorté et la préliminaire surprise de la Doha ?   

Du 11 mars, avec la brève visite du président Félix Tshisekedi à Luanda au 18, la situation semble aller vite. Un prélude d’espoir semble renaitre avec d’une part, l’ouverture de la voie à des discussions directes entre Kinshasa et les rebelles de l’AFC/M23, et d’autre part, la rencontre surprise et inattendue entre Flix Tshisekedi et Paul Kagama à Doha sous l’égide de l’Emir de l’Etat du Qatar, Son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani en vue de mettre fin à la crise sécuritaire à l’Est d’une manière durable.

Dans une ambiance cordiale, tout en réaffirmant leur soutien au processus EAC-SADC en tant que mécanisme principal pour une solution durable en conflit en RDC, les 2 hommes d’Etats ont tablé, d’une part sur la nécessité d’approfondir la question des forces ‘’génocidaires’’ des FDLR et d’obtenir des garanties de sécurité pour le Rwanda et la région ; et d’autre part, l’urgence d’un dialogue politique direct avec l’AFC/M23

Quant à l’initiative des négociations de Luanda, la délégation congolaise constituée du vice-premier ministre et ministre de transport, Jean-Pierre Bemba Gombo, chef de la délégation, d’Evariste Boshab Mabuj et d’André Mbata, s’est déplacé pour ce premier round avorté suite au refus de la partie adverse.  

Bien que se montrant toujours prudent en affichant une réserve d’être en face à face avec les rebelles, Félix Tshisekedi a fait un pas appréciable en dépêchant une délégation quant à ce. Ce revirement est donc politiquement à saluer. Car, il affiche de la part de Félix Tshisekedi  une volonté de décrisper la crise, nonobstant son refus catégorique d’échanger directement avec ceux-là qu’il qualifie toujours, tantôt de ‘’pantins’, de ‘’supplétifs du Rwanda’’ ou encore des ‘’terroristes’’. A l’en croire, « le dialogue avec ce groupe terroriste est  une ligne rouge à ne pas franchir », déclarait-il devant le corps diplomatique lors des échanges de vœux, le 18 janvier dernier.

D’aucuns le savent bien que la donne militaire n’est pas très profitable à la RDC pour l’instant à cause des défections internes dues à la traitrise de certains hauts responsables de l’armée. Le président Félix Tshisekedi a bien compris de s’inscrire dans la logique diplomatique. Voilà qui a empêché sa promesse d’une riposte ordonnée et rigoureuse après la prise de certaines villes de l’Est.

Sa détermination de vaincre la rébellion et de restaurer la paix durable tient aussi compte de ces démarches diplomatiques et du dialogue avec toute la classe politique armée et non armée.   

Il faut aussi l’avouer que le président est aussi fragilisé par des divisions internes et le comportement affairiste qui accablent l’establishment militaire et certains de ses ministres. Face à la complexité de la situation qu’offre cette guerre au visage régional et aux intérêts multiples (économiques et politico-militaires), voilà pourquoi Félix Tshisekedi a envisagé la composition d’un gouvernement d’union nationale. A cet effet, il a entamé la décrispation de la scène politique avec la libération symbolique de certains acteurs politiques de l’opposition. Malheureusement, c’est tard, pense une certaine opinion. La perche tendue ne semble pas avoir atteint les intéressés au sein de l’opposition.

A cela s’ajoute aussi l’impasse des initiatives diplomatiques des processus de Luanda et de Nairobi, aujourd’hui fusionné ; ainsi qu’au manque de mise en œuvre de plusieurs résolutions de l’ONU. Beaucoup d’acteurs régionaux sont dans l’incapacité à faire pression sur l’AFC/M23.  Cette volonté de dialoguer, nonobstant les divergences de vue, est vivement saluée dans l’opinion.

Que va négocier Félix Tshisekedi ?

De l’avis de plusieurs experts et même du secrétaire général des Nations-Unies, A. Gutterres, le rapport des forces sur terrain penche du côté des rebelles qui détiendraient un armement plus sophistiqué que les forces loyalistes. Aujourd’hui, l’AFC/M23 contrôle 2 importantes et stratégiques villes de la partie Est de la RDC. Leur progression n’est point à douter en s’accaparant des riches zones minières, un des enjeux de cette guerre ; face aux FARDC fragilisées par plusieurs raisons d’ordre logistique et de coordination. Il s’agit ici d’un chef à la recherche du respect de l’intégrité de son territoire et l’intangibilité de ses frontières selon la charte des Nations Unies. Donc, l’inflexible position d’un Tshisekedi dur comme fer qui ne voulait plus entendre parler de dialogue avec les rebelles qu’avec leur ‘’mantor’’, Paul Kagame, selon lui, se justifie valablement.

Des antécédents et préalables qui bloquent

Plusieurs facteurs sont à la base du blocage. On se souvient que quelques jours auparavant, le ministre d’Etat et ministre de la Justice, Constant Mutamba avait, par un communiqué officiel, mis à pris la tête de Corneille Naanga ou/et de ses compagnons moyennant 5 millions de dollars américains. Plusieurs responsables de l’AFC/M23 sont condamnés à mort par la justice congolaise et leurs biens immeubles sont saisis. Dans leur communiqué du 17 mars lu dans les réseaux sociaux, les rebelles affiche un visage ambivalent en prétextant que les sanctions prisent par certaines institutions internationales sabotent « les efforts de paix en République démocratique du Congo ». Ce mouvement rebelle pense aussi que ces sanctions rendent impossibles les pourparlers tant attendus.

Certains observateurs estiment qu’il faille une forte pression internationale pour contraindre les uns et les autres à assouplir leur positionnement afin de donner la chance au processus de paix.

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