Lubumbashi : après la panique, retour sur l’évasion des lionnes

L’évasion de quatre lionnes de la ferme Benjin dans le faubourg de Lubumbashi a semé la panique générale au sein de la population tant de Lubumbashi que de ses environs dans la partie Nord-Est. Mais derrière la peur, ce sont les failles de l’État qui sautent aux yeux : chiffres erronés, inaction flagrante, communication hasardeuse et récupération politique. Retour sur un épisode où le danger était bien réel, mais la réponse officielle, spectaculairement absente.

L’évasion de quatre lions de sexe féminin de la ferme Benjin dans le secteur Bukanda, territoire de Kipushi en périphérie de Lubumbashi, a semé l’effroi dans la population. Mais au lieu d’une réponse rapide et coordonnée, les autorités locales ont multiplié approximations, silences et tentatives de récupération politique, exacerbant l’angoisse des habitants.

Dès les premières heures de la crise, le maire de la ville, Patrick Kafwimbi, publiait un communiqué annonçant la fuite de seulement deux lions sans aucun autre détail important. Une information rapidement contredite par les sources de terrain et des experts comme le vétérinaire Jean-Claude Binemo. Cette information partielle de l’autorité municipale a semé la confusion et poussé la population à se fier aux rumeurs, a-t-on déploré.

Pendant que les habitants riverains restaient cloîtrés chez eux dans une peur grandissante, aucun dispositif concret de recherche ou de capture ne semblait mis en place par les services officiels. Quelques images montraient des hommes en uniformes sans expertise voulue tirer des fusils à feu sans suite. Le maire appelait à la vigilance mais restait invisible, tout comme le gouverneur du Haut-Katanga, totalement silencieux au plus fort de la crise, ont relayé les médias locaux.

Ironiquement, c’est grâce à l’intervention discrète mais décisive d’un notable local, l’honorable Dany Banza Maloba, que le quarté des fauves a pu être capturé. Ce dernier a mobilisé, à ses propres frais, les moyens logistiques nécessaires pour sécuriser la population. Une action saluée et vivement congratulée par le Dr Binemo. L’opinion a regretté néanmoins qu’un citoyen privé ait dû agir là où l’État a failli.

Le plus troublant, selon plusieurs observateurs, reste la tentative des autorités de s’attribuer le mérite de l’intervention une fois le danger écarté. « Le gouverneur s’est exprimé par voie interposée comme s’il avait dirigé l’opération, alors qu’il n’a même pas levé le petit doigt », accuse un acteur de terrain ayant requis l’anonymat.

Cet épisode met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion des crises locales. « Dans d’autres pays, de tels manquements entraîneraient des explications si pas des démissions immédiates », souligne un autre acteur politique. En RDC, ils se soldent par quelques communiqués souvent déconnectés de la réalité.

Le maire Patrick Kafwimbi, bien qu’il se soit rendu sur place après la capture des fauves, n’a jamais publié de mise à jour pour corriger le nombre réel de ces derniers qui étaient en fuite, ni pour rassurer la population sur l’éloignement du danger. Selon des sources crédibles, le chef de l’exécutif provincial lui aurait interdit de le faire, préférant s’approprier la primauté de l’information.

Au-delà de la ‘’récupération politique’’ camouflée et de l’inaction des autorités, aucune explication officielle n’a été donnée sur les circonstances de l’évasion des lionnes.

N’eût été la vidéo du Dr Binemo, rapidement devenue virale, le mensonge politique aurait sans doute perduré. On se serait attribué le mérite.

Kachina Mwito

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