Lubumbashi – Une scène inhabituelle et presqu’insolite s’est passée ce mercredi 2 juillet 2025 matin à la maison communale de la Rwashi. Des jeunes futurs mariés, venus officialiser leur union devant l’état civil, ont vu la cérémonie étonnement et brutalement interrompue pour une histoire de baiser.
En effet, l’officier de l’état civil du jour, en la personne du Bourgmestre adjoint de la commune, a tout simplement renvoyé les futurs mariés sous prétexte qu’ils avaient refusé de s’embrasser devant lui et l’assistance, comme le veut selon lui la “tradition très répandue”.
Fermes dans leur foi chrétienne, semble-t-il, les deux amoureux ont poliment décliné le baiser devant l’autorité, expliquant que leur engagement religieux devait précéder toute démonstration publique d’affection. A leurs yeux, le mariage ne serait complet qu’après la bénédiction nuptiale à l’église.
Mais l’argument n’a pas ébranlé le bourgmestre. Ni le consentement mutuel des époux, ni la présence des témoins, ni même la validation des deux familles n’ont suffi à le faire revenir à la raison. Le fonctionnaire a maintenu sa décision d’annuler le mariage, plongeant l’assistance dans un mélange de rires, d’indignation et d’incrédulité.
Sur un ton ferme et impératif, il déclare, pince-sans-rire : « …ici on est devant l’autorité et le drapeau, on ne s’amuse pas… à César, ce qui est à César. Une bise est un simple salut et cela ne va pas irriter votre peau de gâles, ni vous diminuer en dignité. Je vous autorise de le faire ». après tergiversation des concernés, il ajoute : « j’annule le mariage… et sortez ».
“Une décision illégale”, selon un juriste consulté à cet effet. Interrogé sur la légalité de cette interruption, cet avocat (qui a requis l’anonymat), juriste spécialisé en droit de la famille, est formel :
“Exiger un baiser comme condition de validité du mariage n’a aucune base légale dans le droit congolais. Ce qui compte, c’est le consentement libre et éclairé des époux. Tout le reste relève de la symbolique ou du folklore, mais en aucun cas de l’obligation légale.”
Après quelques heures de tension, l’officier de l’Etat civil est revenu sur sa décision, permettant finalement la reprise de la cérémonie. Les futurs époux, dignes et déterminés, sont repartis avec leur acte de mariage en main, après un coup d’appel de leur pasteur, sans avoir cédé à la pression ni trahi leur foi.
L’œil du Jaguar