Lubumbashi – Juillet 2025. Alors que les nouvelles nominations décidées par Kinshasa sont mises en œuvre sans heurt à travers le pays, le Haut-Katanga fait figure d’exception. A la Coordination provinciale du Programme National d’Hygiène aux Frontières (PNHF), Patrick Ilunga Mulume […], ancien coordonnateur, refuse de céder sa place à son successeur légitime, le vétérinaire Bienvenu Kalamb Key, pourtant nommé en bonne et due forme par le ministère de la Santé que pilote le Dr Kamba dont la commission d’affectation collective [N°1250/CAB/MIN/SPHPS/SEM/CD/CJ-G/SECMIN/024/2025] continue de souffrir impunément.
A la manœuvre, une résistance qui frôle l’insubordination, entretenue par la passivité — voire la complicité tacite — de certaines autorités provinciales pour des raisons inavouées. Le gouverneur Jacques Kyabula n’a toujours pas signé la notification de nomination. En toile de fond, il a été instruit de sursoir par le président de l’Assemblée provinciale, Michel Kabwe. Ce dernier évoquant la « préservation de la quiétude sur la ville », suite à des protestations internes. Selon le speaker de l’organe délibérant en province, les agents du PNHF/Haut-Katanga s’insurgeraient contre le départ de leur ancien chef en la personne de Patrick Ilunga Mulume. Selon eux, cette décision serait illégale ! Une autre raison, l’on dénonce le fait que l’administration centrale puisse s’accaparer d’une taxe provinciale importante. Laquelle permet à la coordination provinciale de PNHF d’améliorer le traitement social des agents. Une pure diversion, à en croire certains analystes, car l’opposition à une nomination d’un responsable par son ministère de tutelle ne relève pas de la compétence des agents. On sent clairement de la manipulation. On peut comprendre que le parlement provincial puisse revendiquer la taxe que Kinshasa voudrait s’approprier pour l’intérêt de la province. Les deux motifs sont donc à dissocier.
Des soupçons de tribalisation aggravent la situation. Des sources évoquent la manipulation d’agents recrutés sur base de loyautés ethniques, voire soudoyés pour perturber l’installation du nouveau chef. Pire, des jeunes affiliés à un parti politique local auraient été mobilisés pour intimider le successeur. La situation frôle l’anarchie, avec le silence des services régaliens censés garantir l’ordre.
Cette résistance, indique une source, n’est pas un cas isolé. Déjà sous le gouverneur Pande Kapopo, une nomination similaire avait été bloquée. Certains y voient un verrouillage tribal du service, érigé en bastion personnel. Pourtant, Kalamb Key, vétérinaire formé à l’Université de Lubumbashi et cofondateur du PNHF, dispose d’un parcours incontestable. A l’inverse, l’actuel occupant aurait sa longévité à des protections politiques.
Face à cette impasse, la question est claire : jusqu’où ira cette défiance organisée ? Le gouvernorat doit sortir de son mutisme, et l’Assemblée cesser de légitimer l’illégalité. L’État ne peut se dire promoteur de bonne gouvernance et laisser prospérer la désobéissance administrative.
Le hic dans cette histoire, une délégation des ‘’syndicalistes’’ a séjourné à Kinshasa sous la conduite de la vice-présidente de l’Assemblée provinciale, l’honorable Liliane Komba Maka [dont la déchéance serait en cours, Ndlr]. C’est la trésorerie de l’organe délibérant qui aurait pris en charge ce déplacement pour, semble-t-il, s’enquérir de la véracité et de la fiabilité dudit arrêté. Cependant, depuis leur retour de la capitale Congolaise, silence radio.
Au moment de mettre sous presse, l’on apprend que les comptes bancaires du service en question, auraient été bloqués, signe manifeste que le pouvoir central entend faire respecter la légalité.
Affaire à suivre !
Kachina Mwito