Lubumbashi, 15 juillet 2025 – Les braquages, les agressions matinales, les casseurs de vitres et autres ravisseurs ne sont plus des faits isolés dans la capitale cuprifère. L’insécurité urbaine gagne dangereusement du terrain, suscitant une vive inquiétude au sein de la population. Face à cette recrudescence de la criminalité, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise dans le Haut-Katanga, le général Blaise Mbula Kilimbalimba, a haussé le ton.
Ce lundi 15 juillet, lors de la traditionnelle parade des officiers au quartier général de la PNC, le haut gradé a lancé un appel pressant à la remobilisation de toutes les unités : commandants des commissariats urbains, chefs de départements, responsables des renseignements, unités spécialisées et d’intervention. « Il n’y a pas de raison qu’un commandant territorial échoue à sécuriser sa zone. Rien ne devrait échapper à sa vigilance », a martelé le commissaire, dans un discours ferme teinté de mise en garde.
La fin du laxisme
Le général Blaise Mbula Kilimbalimba a fermement dénoncé la léthargie et l’inaction de certains responsables de son ressort. Il les invitant à « cesser le sommeil » et à démontrer sur le terrain leur efficacité par des résultats tangibles. Pour lui, l’heure est à la compétence, à l’abnégation et à la reddition des comptes. Chaque responsable sera désormais jugé par ses résultats en matière de sécurité publique.
Comme réponse urgente, il a annoncé une série d’actions préventives systématiques, à savoir : le renforcement des patrouilles pédestres et motorisées – les bouclages ciblés dans les zones à risque – l’installation de check-points mobiles avec contrôle rigoureux des véhicules non immatriculés ou à plaques dissimulées – ainsi que l’intensification des interpellations ciblées.
L’identification des malfaiteurs infiltrés dans les quartiers figure aussi dans cette nouvelle approche. Et ce, avec l’implication directe des cadres de base pour une meilleure efficacité.
Des cas qui choquent l’opinion
Dans ce climat tendu, neuf présumés casseurs de vitres ont été présentés à la presse par le Groupe de recherche et d’investigation criminelle (GRIC). Mais ces arrestations ponctuelles peinent à rassurer, tant les cas d’agressions se multiplient.
Le 14 juillet, au quartier CRAA, une agente de la société Mulykap, Mme Laurence a failli perdre la vie. Attaquée à la machette par trois individus vers 5h55 du matin alors qu’elle se rendait à son service, elle n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention courageuse d’un passant. Ses téléphones et l’argent contenu dans son sac ont été emportés. La scène s’est produite à proximité d’un dépotoir non sécurisé couvert d’herbes hautes, utilisé par la mairie, devenu repaire de criminels.
Le même jour au quartier Lido, un cambiste a échappé de peu à la mort en pleine journée, dépouillé par des bandits non autrement identifiés. Des incidents qui viennent s’ajouter à une série d’autres, signalés ces dernières semaines dans divers quartiers de la ville.
Des foyers de criminalité tolérés ?
L’inquiétude grandit aussi face à certains foyers d’insécurité entretenus à ciel ouvert, parfois dans une impunité alimentée par des réseaux politiques locaux. Des lieux de vente de stupéfiants, des sièges de groupes violents, ou encore des rassemblements de jeunes désœuvrés transformés en véritables bases criminelles sont connus de tous, mais jamais démantelés.
Dans certains cas, ces bases se trouvent à des endroits stratégiques et bénéficieraient d’une forme de protection tacite qui complique toute tentative d’intervention. La présence dangereuse des enfants en rupture familiale connus sous l’appellation de « Shegue » devrait aussi interpeller.
Urgence d’agir
La population appelle les autorités à « mettre les bouchées doubles » pour restaurer la sécurité. L’impératif est clair : protéger les citoyens et leurs biens, restaurer la confiance dans les forces de l’ordre, et démanteler sans complaisance tous les réseaux qui entretiennent l’insécurité à Lubumbashi.
La parole est désormais aux actes.
L’œil du Jaguar