Lubumbashi submergée par les enfants en rupture familiale : une alerte grave ignorée

Lubumbashi – le phénomène Shegue ou enfants en rupture familiale prend une tournure dramatique. Des dizaines, des centaines, voire des milliers d’enfants errent dans les rues de la ville constituant de hub de gangs, abandonnés, désœuvrés, livrés à eux-mêmes, dans l’indifférence quasi-totale des autorités qui feignent parfois de mener des actions d’éradication sans aboutir.

Selon plusieurs témoignages croisés, plus de 80% de ces enfants en situation socialement incompatible proviendraient de l’espace Grand Kasaï. Leur présence est devenue un marqueur visible d’une profonde fracture sociale et communautaire.

Un exode invisible et ignoré

Nombreux sont ces enfants qui arrivent à Lubumbashi par train ou à bord de camions de marchandises comme clandestins. Certains sont accompagnés de leurs parents, venus chercher une vie meilleure dans l’espace Grand Katanga. Mais la précarité extrême et le coût de la vie intenable avant leur intégration ou adaptation, poussent bon nombre de ces familles à abandonner leurs propres enfants en les poussant à la débrouille.

D’autres enfants, bien qu’arrivés avec leur famille, se détachent volontairement de leur cadre familial pour rejoindre des amis de rue qui les persuadent à la mendicité. Ils finissent par commettre de petits délits pensant ‘’gagner facilement la vie’’. Prenant l’habitude, leur immersion dans la rue devient au fil de temps un engrenage destructeur.

Une autre raison, ce sont les conséquences de fractures profondes dans les foyers, souvent exacerbées par des doctrines toxiques que véhiculent certaines églises ou secte dites de ‘’réveil’’. Ces églises qui qualifient ces enfants de “sorciers” ou de “maudits”, renforcent leur encrage à se maintenir dans la rue et poussent ainsi certaines familles à les chasser.

A leur arrivée, la majorité de ces enfants communiquent naturellement en Tshiluba, langue vernaculaire du lieu de leur provenance. Ils ne cachent pas leurs origines lorsqu’ils sont mis en état de confiance. Même après leur intégration progressive dans les circuits de la rue, ils ne se cachent pas leurs origines, qu’ils revendiquent souvent sans filtre, parfois même avec défiance.

Cette forte concentration d’enfants d’un même espace culturel dans une situation de misère partagée interroge et alerte, mais les autorités semblent dépassées ou indifférentes. La preuve : des détournements massifs des deniers publics pour aller investir sous d’autres cieux.

Un cri d’alerte

Il y a sur la ville certains compatriotes épris d’amour qui compatissent à la souffrance de ces enfants en leur offrant sporadiquement nourriture et soins de base. C’est bien, mais inefficace et insuffisant. Il faut un sursaut collectif à travers le pouvoir public afin de contrer et combattre la montée fulgurante de la délinquance urbaine liée à ce phénomène qui devient une menace pour la sécurité des paisibles citoyens. On n’aime bien dire qu’il s’agit d’une bombe à retardement, pourtant elle a déjà explosé. Les effets sont vécus au quotidien : extorsion des biens d’autrui, le ravissement des sacs et téléphones mobiles… A certains endroits, ils exposent leurs ébats sexuels au vu des passants en pleine journée. Conséquence, ils se multiplient entre-eux. Il y a peu, les images ont circulé sur les réseaux sociaux non loin du jardin zoologique de Lubumbashi d’un cas de cannibalisme observé. Pourtant, c’est dans les encablures du QG provincial de la police sans qu’aucune action ne soit entreprise.     

« L’État a totalement démissionné de son rôle de protection de l’enfance », s’exclame-t-on passivement.

Curieusement, toutes les opérations pour leur éradication ne débouchent qu’à l’arrestation des personnes normales. Ces hors-la-loi sont souvent épargnés. Des sources renseignent que leurs complices au sein des rangs de nos services les préviennent.

Un plan d’urgence et permanent s’avère indispensable pour combattre ce phénomène. Cet article est une interpellation à tous les niveaux et pour nous tous. Il ne s’agit pas de la stigmatisation d’une communauté, mais un appel à une prise de conscience collective pour voir comment arrêter l’hémorragie.L’errance de milliers d’enfants dans les rues n’est pas une fatalité : c’est le fruit d’un abandon généralisé, d’un silence politique et d’un manque de volonté dans nos dirigeant depuis plusieurs années. Ces enfants laissés dans les rues sont des graines de la violence entretenue. Si cela est bénéfique, laissons-les.

Le Citoyen Engagé

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