Ronny Jackson administre une gifle à la gouvernance de Kinshasa

Le compte rendu de la mission de Ronny Jackson a été perçu avec mécontentement en République démocratique du Congo, selon les analystes de la scène politique et des relations internationales. En effet, ce discours de l’homme d’Etat américain, un membre influent du Parti Républicain et proche du cercle de Donald Trump, après sa visite à Kinshasa a porté un regard dur, presque brutal, sur la gouvernance du régime actuel en RDC, la situation à l’Est du pays et les ressources de ce pays.

La visite en Afrique centrale, et spécialement en RDCdu sénateur américain, Ronny Jacksonn’a pas été anodine. Elle révèle les dessous des cartes qui pourraient s’inscrire dans un agenda géopolitique du parti républicain visant à préparer l’influence américaine après le retour de                           Trump aux affaires. Son compte rendu après sa visite à Kinshasa est révélatrice de camouflets contre l’administration de Tshisekedi Félix.

Ci-dessous quelques points que l’on peut retenir de sa déclaration comme analyses préliminaires, à savoir :

  • Cette déclaration est très sensible car elle sous-entend une forme de mise sous tutelle économique ou de « partage » des ressources minières avec les voisins, ce qui pourrait être perçu comme un feu vert à l’ingérence étrangère dans les affaires congolaises.
  • Il soulève une suggestion très polémique de l’intégration des éléments du M23 dans l’armée congolaise. Ce qui rappelle de mauvais souvenirs aux Congolais. Cela pourrait provoquer un tollé dans l’opinion publique, car beaucoup considèrent le M23 comme un groupe rebelle soutenu par le Rwanda.
  • Cet émissaire proche des Républicains américains remet en cause la gouvernance actuelle du régime de Kinshasa gangrénée par la corruption et l’instrumentalisation de la justice, selon son constat. Cela ajoute un poids diplomatique à cette critique, avec probablement des conséquences sur les relations bilatérales entre les 2 pays.
  • Il a en outre affirmé l’incapacité de Kinshasa à gérer l’Est. Cette affirmation pourrait renforcer la thèse selon laquelle certaines puissances veulent justifier une sorte d’internationalisation ou d’ingérence dans la gestion de cette région.
  • Il a aussi porté des accusations graves portant sur l’enrichissement des élites du régime : qui ne se soucient pas de la misère exponentielle de la population. Ce qui pourra renforcer la colère contre la classe politique congolaise.

Sans aucun doute, les déclarations de ce Pro-Trump qui fait partie de la frange des Républicains très conservateurs et nationalistes pourront avoir des implications diplomatiques incommensurables, à en croire les spécialistes des relations internationales. Ce qui porte à croire que ce Sénateur que Kinshasa a naïvement présenté comme envoyé spécial du président Trump, avait une mission spéciale cachée qui consistait : primo, à préparer l’opinion américaine à une approche plus dure sur la RDCen mettant l’accent sur la corruption pour justifier un retrait des aides directes à Kinshasa ou un soutien accru aux voisins comme le Rwanda ou l’Ouganda : et en posant des bases d’un changement d’alliances stratégiques dans la région. Secundo, à relancer l’idée d’une « internationalisation » de la gestion de l’Est de la RDCà travers la notion de partage des richesses, [on sent poindre la vieille idée d’une gestion régionale ou internationale des ressources minières de l’Est de la RDC].Ce qui pourrait impliquer indirectement la signature des contrats miniers partagés ou des concessions aux multinationales sous couverture sécuritaire. Ce qui met Kinshasa en position de faiblesse pour avoir posé le premier cette préoccupation. Tertio, redonner un souffle à la rébellion de l’AFC/M23 avec la proposition d’intégration dans l’armée nationale et à ses ‘’parrains régionaux’’ s’ils existent. Ce qui pourra naturellement arranger Kigali, qui a toujours cherché cette reconnaissance depuis longtemps. Quarto enfin, préparer un éventuel changement de ton de l’administration Trump qui prône  une approche plus transactionnelle et brutale de l’Afrique. La crainte est de voirKinshasa se retrouver isolé.

Ce compte rendu de Ronny Jackson a politiquement fragilisé le régime Tshisekedi en affichant son incapacité à sécuriser l’Est du pays et en l’accusant de prédation exagérée. Ce qui renforce la colère sociale et fait monter la critique dans l’opinion publique. Il s’agit bref d’un changement de donne ; car la diplomatie congolaise devra répondre de ces accusations ; surtout que ça vient d’un proche de Trump même si ce n’est pas son envoyé spécial comme a démenti l’ambassade des EU à Kinshasa.  

Le message de Ronny Jackson qui cache principalement les enjeux économiques est clair : « Soit Kinshasa accepte un nouveau deal régional et international sur l’Est, soit les Américains (version républicaine) risquent de lâcher la RDC dans les années à venir. »

C’est un avertissement à prendre très au sérieux !

G. Wakunonda

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