Etat de siège : Deux ex-rebelles nommés Gouverneurs

Aussitôt annoncé par le Premier Ministre, SAMA LUKONDE dans son discours programme lors de la plénière d’investiture à l’Assemblée Nationale, le chef de l’Etat est vite passé à la vitesse supérieurs en décrétant l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les animateurs militaires et policiers devant diriger ces deux entités administratives sont aussi désignés par ordonnance présidentielle qui est entrée en vigueur le 6 mai 2021.

A dater du 06 mai 2021, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri en proie des exactions inhumaines et massacres à grande échelle perpétrés par des groupes armés nationaux et étrangers, sont désormais sous l’Etat de siège selon l’ordonnance du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi qui en a décidé ainsi, après avoir consulté les présidents de deux chambres du parlement et ayant entendu le conseil supérieur de la défense.

Les Gouverneurs militaires et leurs adjoints policiers ont été ainsi nommés. Contrairement à l’ordonnance lue, l’Ituri sera dirigé par le Lieutenant-Général LUBOYA NKASHAMA Johnny. Auparavant, il a assumé les fonctions de Commandant de la 1ère zone de défense et chef d’Etat-Major de la 13ème Région militaire à l’Equateur.  C’est un ancien officier de la rébellion du RDC/Goma, une tendance considérée souvent proche du Rwanda. Il sera secondé par le Commissaire Divisionnaire Alonga Boni Ongadi Benjamin. Un ex FAZ qui a combattu dans les rangs du MLC de Jean-Pierre BEMBA. Il était adjoint du Général John NUMBI à l’inspection générale de la PNC au moment du massacre de Chebeya et F. Bazana. D’ailleurs, on renseigne qu’il était le dernier officier à quitter les installations de l’inspection générale de la police le jour du crime. Lors du procès, il avait été entendu comme simple renseignant.

La province du Nord-Kivu quant à elle, a pour Gouverneur, un autre Lieutenant-Général, le nommé Constant NDIMA KONGBA. Un ancien de la rébellion du MLC de Jean-Pierre BEMBA cité aussi dans un rapport de l’ONU en sa qualité de chef de file de l’opération « Effacer le tableau », opération à la base de massacre de population de la communauté Nande et les pygmées. Accusation que rejette le MLC qui laisse entendre que ce dernier ne faisait pas partie de 19 condamnés en 2003. Il a déjà assumé aussi comme fonction de Chef d’Etat-Major Général/ Adjoint chargé de l’Administration et Logistique et Commandant de la 3ème Zone de Défense comprenant les deux Kivus, le Maniema et la Tshopo. Il a pour adjoint, le Commissaire Divisionnaire de la police Nationale Congolaise, Rony EKULA Lipopo. Il vient lui de la police judiciaire de Kinshasa. Il a été coordonnateur du groupe technique en charge de la sécurisation des élections de 2018.

Il faut souligner que les deux gouverneurs-militaires ont des antécédents gênants. Ce qui fait douter déjà de l’efficacité et du sérieux dans cette mission de rétablissement de la paix, pensent plusieurs activistes de la société civile.

Cette administration militaire a pour une durée de 30 jours, renouvelable par de tranches de 15 jours. Pendant la période de l’Etat de siège, toute l’administration et la justice civile transfèrent leurs pouvoirs aux militaires. Cependant, précise l’ordonnance présidentielle, les anciens animateurs civils continuent à jouir de leurs avantages. Les gouverneurs militaires auront plus de pouvoir. Notamment de procéder aux perquisitions nocturnes ou diurnes, d’interdire les publications ou les manifestations, mais aussi d’empêcher les publications qui ne favorisent pas la mission de l’armée.

Si la décision du chef de l’Etat qualifiée de courageuse est saluée par certains qui voient un début de solution à la souffrance et atrocités connues par nos compatriotes de l’Est, d’autres par contre sont dubitatifs du fait de la précipitation. L’on pense qu’il fallait d’abord une sensibilisation de la population. Les têtes d’affiche de ces nouvelles administrations qui ne sont autres que des anciens rebelles n’inspirent pas confiance dans les esprits de certains autres compatriotes.

L’opposition politique, elle, salue la mesure. C’est le cas du Secrétaire Général Permanent adjoint du PPRD, Ferdinand Kambere accuse Félix Tshisekedi d’avoir violé la constitution en certaines disposition, car le chef de l’Etat a décrété l’Etat de siège sans la convocation du Congrès.

Le succès de cette décision sera la feuille de route de Félix Tshisekedi pour 2023. Lui qui avait promis aux populations de l’Est d’habiter avec eux jusqu’à l’éradication de l’insécurité. On l’a vu aller au Rwanda voisin sans même faire escale à Goma. Déjà les deux Gouverneurs-militaires sont permutés avant leur entrée en fonction. Il semble qu’il y avait une erreur sur le document signé par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Le jeudi 6 mai 2021, le rendez-vous était manqué à Goma où on attendait en vain l’arrivée du nouveau gouverneur-militaire qui trainerait encore à Kinshasa dans des contacts. Entretemps, les jours s’égrènent avant que l’action attendue ne soit amorcée.

L’œil du Jaguar

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