C’est un scandale environnemental dans la ville montagneuse de Likasi où un projet de construction d’un marché soulève un tollé. Prévu dans un espace marécageux et boisé d’eucalyptus, à deux pas du parquet de grande instance, ce futur lieu de négoce cumule controverses et inquiétudes. Entre vacarme et pollution d’un côté, sérénité et respect de l’environnement de l’autre, le contraste saute aux yeux, souligne un confrère averti, Joseph T8 que notre rédaction a consulté.
L’inquiétude est bien fondée, car le terrain visé n’est pas neutre. C’est sur un marécage, sous des arbres d’eucalyptus et à proximité immédiate d’une nappe phréatique, renseigne la source se référant à l’alerte des scientifiques de la place : « construire un marché à cet endroit, c’est menacer un écosystème fragile, exposer la population à l’insalubrité et accentuer les risques liés aux pluies et aux vents ».
Les dangers sont donc bien connus. Point n’est besoin de faire la sourd oreille pour des raisons d’intérêt pécuniaire. Ces eucalyptus datant de plusieurs décennies, vulnérables aux orages, ont déjà provoqué des chutes dramatiques dans la ville. Y installer un marché, c’est exposer vendeurs et acheteurs aux pires scénarios.
La cacophonie institutionnelle s’y invite
Ce projet révèle aussi un bras de fer entre la mairie et la commune de Likasi. Chaque entité tire la couverture à elle, cherchant à capter les retombées financières, au détriment des enjeux environnementaux et de la quiétude publique. Pourquoi ces deux entités ne s’assoient-elles pas autour d’une table pour harmoniser leurs visions ? Le besoin d’un marché est réel, afin d’endiguer la prolifération des marchés pirates au centre-ville. Mais fallait-il sacrifier un espace vert et fragile, à quelques mètres du palais de la justice ? Ce sont là les questions sur toutes les lèvres.
D’aucuns le savent bien qu’un palais de justice exige du calme, de la sérénité. Or, l’installation d’un marché implique bruit, encombrements, déchets et pollutions diverses. Comment concilier sérénité juridique et vacarme mercantile ? Voilà le hic !
Ne dit-on pas que gérer, c’est prévenir ? Est-ce une étude d’impact environnemental souvent exigée aux miniers, a-t-elle été menée pour le cas sous examen ? La question reste toute entière. Une autre préoccupation, pas la moindre, c’est la gestion des déchets qui demeure sans solution efficace. La majorité d’anciens marchés croulent sous les immondices, faute d’évacuation organisée.
Pour les autorités, à en croire notre source, parlent d’un marché provisoire. Bla bla bla ! Mais qu’en sera-t-il une fois les taxes payées, les emplacements occupés ? Ceux qui auront investi accepteront-ils de partir ? A moins que cela soit une astuce pour échapper à ce multiple questionnement ; sinon, il s’agit d’un conflit ouvert en perspective. Les avertis devront être sur leur garde.
Pour les environnementalistes, l’érection d’un marché en cet endroit se profile en infraction flagrante : atteinte à l’environnement et aux espaces verts. C’est cela aussi l’Etat de droit.
Affaire à suivre !
G. Wakunonda