SNCC – Déraillement meurtrier à Katoka

Un déraillement d’un train de la SNCC est survenu le 23 mars 2026 à Katoka, près de Kahundu dans le territoire de Dilola. Une vingtaine de vies a été fauché et plusieurs dizaines de blessés. Au-delà du bilan humain, ce drame relance le débat sur la sécurité ferroviaire en RDC, minée par des défaillances structurelles persistantes.

Le drame survenu ce lundi 23 mars 2026 à Katoka, non loin de la gare de Kahundu, remet au premier plan la question de la sécurité ferroviaire en République démocratique du Congo. Un train de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), transportant des cathodes de cuivre, a déraillé, faisant plus de 20 morts et une quarantaine de blessés [qui sont des passagers clandestins, Ndle], dont plusieurs dans un état critique.

Au-delà de l’émotion, cette catastrophe s’inscrit dans une série noire d’accidents ferroviaires enregistrés ces derniers mois à travers le pays. Du Lualaba au Haut-Katanga, en passant par d’autres régions minières, des incidents similaires ont été signalés, impliquant souvent des trains de marchandises transportant des minerais, mais aussi des passagers clandestins accrochés aux wagons. Les causes évoquées restent récurrentes : vétusté des rails, insuffisance d’entretien du matériel roulant, surcharge et défaillances humaines.

Ce nouvel accident met également en lumière une réalité préoccupante : la lenteur, voire l’absence, d’intervention structurée des autorités gouvernementales.  A Katoka, comme lors de précédents drames dans l’espace du Grand Katanga ou dans certaines zones du Kasaï, les premiers secours se sont organisés de manière informelle, sans encadrement officiel immédiat.

Plus inquiétant encore, la répétition de ces tragédies tend à banaliser la mort sur les rails congolais. Chaque accident est suivi d’annonces d’enquêtes, rarement accompagnées de réformes concrètes. Pourtant, les causes sont bien identifiées : infrastructures délabrées, gouvernance déficiente et manque de contrôle rigoureux.

Le drame de Katoka ne saurait être considéré comme un simple accident isolé, mais bien comme le symptôme d’un système ferroviaire à bout de souffle et qui tarde à se relancer. Tant que la direction générale de la SNCC ne mettra pas en branle une volonté politique forte pour réhabiliter les voies, moderniser les équipements et renforcer les mécanismes de régulation, ces tragédies continueront de se répéter, au prix de nombreuses vies humaines.

En attendant les conclusions de l’enquête annoncée, une question demeure : combien de victimes faudra-t-il encore pour que la sécurité ferroviaire devienne une priorité nationale ?

Chance Kankonde

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