A chaque série de nominations, une question revient sur les langues des Congolais : le mérite a-t-il une tribu fixe ? Les récentes ordonnances présidentielles ont vu émerger de nouveaux dirigeants et mandataires dans des entreprises et établissements publics, suscitant à la fois espoir et scepticisme. Il est vrai que le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo jouit d’un pouvoir discrétionnaire pour choisir ses collaborateurs, mais il aussi est légitime de s’interroger sur l’équité de ses choix et décisions.
D’aucuns savent que la compétence n’a ni province ni ethnie, mais la concentration de décisions en faveur d’une même aire géographique soulève des inquiétudes. Moult critiques portent sur le non-respect de l’équilibre régional, excluant la participation des autres composantes ethniques à la gouvernance nationale. Le grand danger, c’est le mécontentement social qui engendre la rupture de la cohésion nationale. Au lieu de faire la soude d’oreille, ces préoccupations doivent être entendues. Les ressortissants de l’espace Kasaï comme tous les Congolais, ont les mêmes droits d’accès aux postes stratégiques, mais l’absence de diversité dans les nominations questionne la représentation nationale.
Pour éviter de tomber dans le piège des procès d’intention, il serait nécessaire d’évaluer les nominations passées. Cela permettra de comprendre si ces nominations avec prédominance des gens d’un même espace, seraient un effet de coïncidence ou une tendance lourde ? Toutefois, le Congo doit privilégier les résultats plutôt que les querelles identitaires. Tout en restant vigilants sur l’équilibre de notre République, souhaitons fructueux mandat aux nouveaux promus. Les faits établiront la vérité.