Le Tshisekedisme : un paradoxe d’Etat ! [Édito]

Le régime de Félix Tshisekedi ou le Tshisekedisme ne cesse de surprendre chaque jour qui passe. Il se révèle être le mode de gestion par tâtonnement et essaie-erreur. C’est vraiment le revers de ce vieux veston de la plus longue opposition politique. Durant près de quatre décennies sans s’être exercé à la gestion de la res publica, cette formation politique est restée théorique en promettant au peuple monts et merveilles. Hormis les fanatiques partageant majoritairement les mêmes affinités linguistiques, le reste des Congolais n’en croient plus en l’efficacité et l’efficience de ce régime politique imprévisible. Au départ, ça se chuchotait à l’oreille, car il fallait accorder le bénéfice du doute aux nouveaux gérants de cet immense pays au cœur de l’Afrique. De père en fils, on a entendu le même langage comme quoi : les autres (Les animateurs de régimes précédents, Ndlr) sont des monstres à abattre, car, selon la dynastie tshisekedienne, ces autres-là n’ont rien fait pour le bonheur au peuple. Le leitmotiv de leur lutte ou mieux de leur gestion se résume lapidairement en un slogan populiste : « Le peuple d’abord ».

Deux ans et demi après, le Tshisekedisme se démasque en sortant ses faiblesses et étalant sa nudité au grand jour. Tout ce que l’on trouve à dire, ce sont des excuses bidon et des justifications irrationnelles. Petit à petit, nombreux de compatriotes se rendent compte qu’il s’agit simplement d’une doctrine de jouisseurs, ramasseurs-cueilleurs ou une philosophie politique constituée d’un mélange de tâtonnement, d’amateurisme et de vantardise. Le fanatisme des partisans politico-tribaux empêche toute critique sérieuse et tout esprit d’analyse objective de l’action de celui qu’ils appellent ‘’Mukwatombolo’’. (Il s’agit d’un de multiple sobriquet attribué à Fatshi, Ndlr). Pour s’en prévaloir de leur règne et étaler sa gloriole, on entend des expressions telles : ‘’Bukalenga bwetu’’ et ‘’mulopwe wetu’’, entendez notre pouvoir, notre chef. C’est de la déification pure qui requiert le respect absolu au ‘’Mulopwe’’ et l’absoute de toutes ses dérives. Bref, les anciens donneurs de leçons sont aujourd’hui incapables de prouver de quoi ils sont capables. Les enseignements reçus de leur maître semblent n’avoir pas été assimilés correctement. Oh ! Pauvre Tshitshi dans sa tombe.

Le tshisekedisme au pouvoir est perçu comme une malchance pour le pays quand on se rappelle les espoirs que le peuple s’est nourri – les morts inutilement enregistrés et le temps perdu. L’absence d’orthodoxie dans la gestion, le clientélisme et le népotisme sont parmi les maux qui gangrènent au plus haut sommet du régime. On ne s’en cache même pas. Tout ce que l’on trouve à dire, c’est faire une comparaison contre nature par rapport au régime précédent ou carrément nier les faits quand ça barde. On assiste depuis janvier 2019 à la contradiction permanente entre les innombrables paroles et les minuscules actions posées, les multitudes promesses utopiques et les réalisations propagandistes à compter au bout des doigts. La corruption que l’on prétend combattre, devient le mode de gestion par excellence dans les institutions nationales. La gabegie financière est au rendez-vous à chaque ligne budgétaire caractérisée par des dépassements devenus une seconde nature. Des voyages improductifs du chef n’ont pas profité au pays, si ce n’est la qualité approuvée de meilleur touriste du monde pour le premier citoyen.

Comme si cela ne suffisait pas, la démocratie se définit selon que l’on soit du pouvoir ou non. Les prétendus démocrates se refusent d’être tolérants. L’espace démocratique se rétrécit chaque jour et la liberté d’expression devient un vœu pieux. S’il en existe, c’est à sens unique ou dans l’ordre rangé. C’est-à-dire tout le monde doit parler positivement du pouvoir et du président de la République. Toute critique du pouvoir en public est passible d’arrestation ou de représailles de la part des ‘’talibans’’, cette base tribale et fanatisée jusqu’à la moelle épinière. Le parti au pouvoir cesse d’être national et le progrès social devient le dernier souci du Tshisekedisme. L’amateurisme et l’incompétence rivalisent d’ardeur. Conséquence : ce sont les grèves qui s’invitent par les différentes forces socio-professionnelles, considérant que tous les indicateurs sont au rouge.

Il est clair que le Tshisekedisme est une idéologie politiquement hermaphrodite ayant un pied au pouvoir et un autre dans l’opposition. On a cru qu’avec l’exclusivité du pouvoir dans le cadre de l’union sacrée, les avancées seraient très palpables. C’est plutôt la corruption institutionnalisée qui a pris le dessus sur la bonne gouvernance, l’enrichissement effréné et insolent qui s’opère au détriment du peuple et le recul de l’économie nationale. Voilà le Tshisekedisme dont on a miroité le peuple.

Le Fédéral

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