Lubumbashi – A l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Lubumbashi, la fin du cycle académique tourne au véritable cauchemar financier pour les étudiants finalistes. Alors que s’annoncent les cérémonies de collation des grades, une série de frais jugés excessifs, parfois improvisés, s’abat sur eux, dans un contexte économique national déjà exsangue.
Initialement fixé à 600 dollars pour l’année académique – répartis en trois tranches de 200 dollars chacune – le minerval a subitement été majoré d’une quatrième tranche de 200 dollars, imposée sans préavis ni fondement réglementaire clair. A cela s’ajoutent 70 dollars pour le stage, 75 dollars pour l’entérinement du diplôme, 80 dollars pour le dépôt du mémoire, et 130 dollars pour la toge [un vêtement qui ne sera porté qu’une seule fois, le jour de la cérémonie.] Résultat : près de 500 dollars de frais additionnels, non budgétisés, imposés aux finalistes.
« C’est comme si l’on nous punissait pour avoir terminé nos études, » s’insurge une étudiante, visiblement épuisée par la pression financière.
Les familles peinent à suivre. Dans plusieurs quartiers populaires, l’amertume monte : « Chaque étape est prétexte à une taxe. Il n’y a aucune considération pour la misère des parents. Tout est monnayé, et l’État regarde ailleurs », dénonce un parent d’étudiant. Certains parlent d’une véritable marchandisation de la fin de parcours académique.
Ce qui choque davantage, c’est l’absence d’un cadre de concertation ou de transparence dans la fixation de ces frais. Les étudiants affirment n’avoir jamais été consultés ni informés officiellement. Le non-paiement équivaut à une exclusion de la cérémonie, voire à un refus de délivrance du diplôme ou de l’attestation. Un chantage administratif à peine voilé.
Dans une institution publique censée former les professionnels de santé de demain, ce traitement soulève des questions de fond. Comment parler d’équité, d’inclusion et de service public lorsque l’accès au diplôme devient un luxe ?
L’ISTM/Lubumbashi, qui ne dispose pas de laboratoires adéquats pour les pratiques médicales, est pourtant l’un des établissements stratégiques pour l’avenir du système sanitaire congolais. La surcharge financière imposée aux finalistes contraste cruellement avec le manque criant d’investissements structurels. Les concernés disent avoir étaient obligés de payer certains frais selon un circuit non habituel.
Faute d’une réaction des autorités éducatives au niveau du ministère de l’enseignement supérieur ou d’un mécanisme de régulation efficace, les étudiants restent livrés à eux-mêmes, victimes d’un système académique qui semble plus soucieux de rentabilité que de mission sociale.
Jusqu’où ira cette logique mercantile et affairiste dans les institutions publiques d’enseignement supérieur ?La question reste posée.
Mutaka Yote