Le 2 août 1998, une rébellion éclatait à Goma, ouvrant l’un des chapitres les plus sanglants de l’histoire congolaise post-indépendance. Entre alliances brisées, ingérences étrangères et fragmentation du territoire, cette guerre marque encore profondément le destin de la RDC. Depuis cette date du 2 août 1998, les plaies de la rébellion reste encore béantes dans la partie orientale de la RDC avec son corolaire de conséquences.
Le déclenchement : Goma
Ce matin-là du dimanche 2 août 1998, alors que la population de Goma s’apprêtait à vaquer à ses occupations quotidiennes quand la station RTNC-Goma interrompt brusquement ses programmes. C’est le Major Sylvain Buki, 27 ans, officier du renseignement militaire, apparaît à l’écran pour annoncer en swahili la destitution du président Laurent-Désiré Kabila : « Tumeamua Kumuondowa madarakani ». Le choc est immédiat. Ce message marque le début d’une insurrection armée qui allait plonger la République Démocratique du Congo dans une nouvelle tragédie intermittente jusqu’à aujourd’hui.
Une chute éclair
Goma tombe le jour même. Deux jours plus tard, Bukavu et Uvira subissent le même sort. Ironie de l’histoire : la 10ème Brigade des FAC, censée sécuriser la région, devient la colonne vertébrale des rebelles, avec l’appui militaire du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi. Le président Laurent-Désiré Kabila, trahi par ses anciens alliés régionaux, perd rapidement pied dans l’Est.
L’offensive vers l’Ouest : Kinshasa à deux doigts de tomber
Tout se joue au centre de Kitona dans le Bas-Congo (actuel Kongo-Central) quand le 4 août 1998, environ 800 soldats, dont des éléments rwandais, sont parachutés. Ils prennent successivement Banana, Moanda suivi de Matadi (le 10 août), et le barrage d’Inga, menaçant ainsi l’alimentation électrique de la ville de Kinshasa.
Mais c’était sans compter sur l’intervention décisive de l’Angola pour repousser l’assaut et sauver la capitale d’une chute annoncée grâce à une colonne blindée venue de Cabinda, forte de 2 500 hommes.
Le RCD, façade politique d’une guerre régionale
Le 12 août 1998, les insurgés officialisent leur mouvement avec la création du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). Basé à Goma, il regroupe d’anciens membres de l’AFDL, des ex-mobutistes et plusieurs opposants. Ce mouvement devient la figure de proue d’un conflit qui dépasse rapidement le cadre congolais pour devenir une guerre africaine généralisée, impliquant jusqu’à 9 pays africains.
Novembre 1998 : Le MLC de Jean-Pierre Bemba entre en scène
Parallèlement, une autre rébellion surgit à l’extrême Nord-Ouest du pays (Equateur où il est originaire). Avec l’appui de l’Ouganda, Jean-Pierre Bemba, fondateur du Mouvement de Libération du Congo (MLC), s’empare respectivement de Buta, Gemena, Bumba, Akula et Lisala. L’ancien Zaïre se retrouve ainsi morcelé en 3 zones de contrôle : le gouvernement central de Kinshasa – le RCD à l’Est – et le MLC dans le Nord.
La guerre de 5 ans : un pays brisé, une nation morcelée
Entre 1998 et 2003, la RDC vit au rythme des affrontements, des déplacements massifs de population, des pillages, des viols et des massacres. Le conflit, qualifié par certains de « Deuxième Guerre mondiale africaine », aurait fait plus de 5 millions de morts directs et indirects selon les estimations les plus citées.
La conséquence la plus catastrophique est l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila en janvier 200. Ce qui va précipiter les choses. Son fils, un militaire Joseph Kabila Kabange prend la tête du pays à seulement 29 ans. Il engage des négociations de paix, ayant abouti à l’Accord Global et Inclusif signé à Pretoria (RSA) en décembre 2002, posant les bases d’un gouvernement de transition et d’une réunification progressive du pays.
Une paix fragile comme héritage et séquelles
Bien que la guerre pris fin officiellement en 2003, les causes profondes de la rébellion, l’ingérence étrangère, l’accès aux ressources ainsi que les tensions identitaires, n’ont jamais été totalement résolues. Après 27 ans, l’Est du pays reste en proie à une instabilité chronique, marquée par la résurgence de groupes armés, dont le M23, appuyé, selon Kinshasa, par le Rwanda.
La rédaction