C’est une plongée dans les coulisses sombres de la direction des Lignes Maritimes Congolaises (LMC). Un monde où les chiffres officiels masquent des détournements à six chiffres. Alors que le Directeur Général, Jean-Claude Mukendi, avance masqué au machiavel, sa sous-directrice provinciale dans le Haut-Katanga, Annita Kayiba, tire les ficelles en toute impunité. En revanche, le directeur provincial Josaphat Kalal joue l’omerta pour cacher ces détournements odieux qui privent à l’Etat Congolais les moyens nécessaires en cette période de basse conjoncture.
Un ancien maillon de la chaîne de dépenses, aujourd’hui mis au ban, a décidé de parler. Est-ce par patriotisme ou par écœurement ? Ses révélations dressent le portrait d’une machine à siphonner l’argent public, bien huilée, protégée, et installée depuis 3 ou 4 ans en arrière.
210 000 dollars pour un parking, encaissés deux fois
Au mois d’octobre 2024. Kinshasa débloque 210 000 dollars pour acheter une concession où doit s’ériger un parking. Le montant est payé, puis payé à nouveau. La manœuvre ? Couverture du DG Jean-Claude Mukendi qui a accepté de ’’ deux fois’’ la même concession. Annita Kayiba aurait servi d’intermédiaire clé. La révélation est formelle. Le même « tout puissant » DG Jean-Claude Mukendi est cité dans un autre dossier de malversation au sujet de la concession foncière située en face de Luilu Ressources à Kolwezi dans la province du Lualaba. [Notre rédaction y reviendra avec des révélations fournies]
Factures gonflées, écarts abyssaux
Dans un autre dossier farfelu, un partenariat avec le Centre médical Baraka expose l’ampleur du système. Sur la quittance officielle, il ressort clairement une somme de 33 000 dollars comme créance. Mais en coulisse, c’est une somme de 125 000 dollars décaissés prétendument une pénalité à la suite d’un contentieux entre la direction provinciale des LMC et le centre concerné, dénonce-t-on. Mais en réalité la différence se serait évaporée. Aucune justification de la part de Mme Annita Kayiba, car, c’est encore elle la concernée qui agit sans passer par son supérieur provincial, selon la source.
La société fantôme « ELITES » !
Une autre intrigue qui a affolé la source, c’est l’inexplicable rétrocession venant de Kinshasa pour le fonctionnement. Au lieu de 30 000 dollars par mois, la direction provinciale a reçu un montant de 85 000 dollars pour certains mois. Ce montant colossal inhabituel devra être maquillé pour justifier l’écart.
Comme solution, sur le coaching de Mme Annita Kayiba, on va inventer une société fictive du nom d’« ELITE », et ce, après l’échec de la tentative de coopérer avec certains services du gouvernorat. Ainsi, trois faux bons de caisse seront établis et avec de fausses signatures. Destination du surplus : retourné à la hiérarchie au niveau de Kinshasa, renseigne la même source.
Cette combine a été répétée au moins 4 ou 5 fois, souligne la source. « Et si j’ai accepté de collaborer, c’est suite aux assurances de Mme Annita Kayiba. Elle m’avait fait savoir que nous devons servir nos chefs. Car, ce sont eux qui nous protège et veille sur notre promotion », a-t-il fait entendre.
Un témoin qui craque
Le chef de service financier, pourtant impliqué, finit par craquer. Frustré de ne recevoir que des miettes pendant que ses supérieurs s’offrent des immeubles au quartier Golf, il dénonce. Ses mots : « Ils m’ont utilisé, et quand j’ai compris, il était trop tard. »
Un empire bâti sur le silence
La direction provinciale des LMC dans le Haut-Katanga verrouille l’information. Préférant jouer aux menaces et intimidations des journalistes, qui pourtant sollicitent officiellement la vérification en jouant leur rôle. Voilà le jeu que joue le tandem controversé Josaphat Kalal – Annita Kayiba. Officiellement, tout est “régulier”. Officieusement, les immeubles privés poussent du sol du quartier golf, les comptes gonflent, et les protections politiques veillent.
L’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes sont directement interpellées.
Les élus provinciaux du Haut-Katanga ont du pain sur la planche pour le bien de la province, bien qu’il s’agit d’une institution déconcentrée. Car derrière ces chiffres, c’est un système entier qui pourrit. Et ce que notre rédaction dévoile ici, n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Les ramifications du réseau et les complicités insoupçonnées feront partie de nouvelles révélations.
Récit de G. Wakunonda et Kachina Mwito