Initialement prévue pour le 15 août selon le calendrier annoncé par la Commission Electorale Indépendante Nationale (CENI), l’opération de dépôt des candidatures pour les élections locales, n’a toujours pas commencé. Le blocage est dû au manque de financement nécessaire par le gouvernement.
C’est sans détour qu’un conseiller du Rapporteur de la CENI, a déclaré : « Le BRTC devait ouvrir depuis le 15 août. Mais comme le gouvernement ne nous a pas donné les moyens, on attend qu’il le fasse. »
Derrière cette déclaration, on pense bien qu’il s’agit d’un simple retard administratif. Mais, aux yeux des observateurs avisés, c’est la crédibilité de tout un processus électoral qui est en jeu. Ce qui pourrait faire redouter la volonté réelle des autorités de consolider une démocratie enracinée dans la proximité et la gouvernance locale.
Le calendrier ainsi annoncé est menacé
A en croire le même conseiller, il faut une nouvelle enveloppe budgétaire destinée principalement à la logistique humaine, notamment le déploiement du personnel, la collecte et le traitement des candidatures. Car, Les fonds mobilisés en 2023 n’avaient couvert que les scrutins présidentiels, législatifs et municipaux, a-t-il ajouté.
Par conséquent, si le retard se prolonge, ceci aura pour conséquence de revoir le calendrier, ouvrant ainsi la porte à un glissement électoral. Chose que la population congolaise redoute.
Chaque retard alimente le scepticisme. Ce qui amène beaucoup de citoyens à percevoir ces reports comme une méfiance de la part des autorités. Il sied de souligner que ces élections locales sont attendues depuis l’adoption de la Constitution de 2006. Elles symbolisent ainsi la concrétisation de la décentralisation et de la gouvernance participative. Leur report répété donne l’image d’un État central méfiant face à la montée en autonomie des territoires.
Outre le calendrier, le retard une fois confirmé, sera aussi une menace pour la cohésion sociale déjà mise à l’épreuve dans plusieurs provinces suite aux frustrations dans le choix arbitraire des dirigeants à la base. Dans un pays où les tensions communautaires et politiques restent vives, empêcher les populations de choisir leurs représentants locaux risque de nourrir un sentiment d’exclusion.
Les opportunités manquées pour la gouvernance locale
Ces élections constituent une chance historique pour bâtir une gouvernance de proximité, plus efficace et plus transparente. Les maires, bourgmestres et conseillers urbains issus d’un processus électif crédible seraient les premiers relais d’un État plus proche de ses citoyens. En les reportant, le pouvoir central retarde également l’émergence d’une élite locale légitime, capable de porter les revendications des communautés.
Qu’adviendra-t-il ?
Trois scénarios possible pourraient s’offrir, à savoir : d’une part, si la CENI la CENI tient son calendrier et les élections locales se déroulent dans des délais raisonnables, cela va renforcer la confiance citoyenne. Cela n’est possible que si le gouvernement débloque à temps les fonds. D’autre part, si le retard est prolongé, ce qui est possible et visible, le calendrier électoral sera sans doute aucun révisé. Il y a risque de saper la crédibilité de l’institution électorale et d’accentuer la méfiance populaire. Et enfin, un dernier scénario, par plusieurs craintes probables [Par ex, la perte du contrôle sur les territoires], les élections locales pourraient être reportées sine die. Cela sera un pur et simple blocage. Il s’agira d’une nième violation de la Constitution que la RDC a difficile de respecter pourra-t-on constater.
In fine, il vrai que l’on parle du financement qui n’est pas seulement qu’une question technique. En réalité, pour moult analystes, cette donne met en lumière un dilemme politique fondamental : est-ce la RDC veut-elle réellement aller vers une démocratie locale effective, ou bien préfère-t-elle maintenir une centralisation qui, à terme, fragilise la confiance entre l’État et ses citoyens ?
Wait end see !
Jeef Mwingamb