Quand l’UDPS exporte ses querelles internes au sommet de la ville
Rien ne va plus à l’Hôtel de Ville. Alors que les habitants espéraient un retour au calme après des semaines de tiraillements, la crise à la tête de la mairie a rebondi ce mardi 19 août avec fracas. La maire adjointe Joyce Tunda Kazadi a fait une apparition surprise qui a immédiatement rallumé les tensions. Une défiance totale qui n’avait d’autre but que de créer un incident afin que l’on parle d’elle.
Une apparition inattendue
Alors que tout le monde la croyait à Kinshasa pour une rencontre officielle avec le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, Joyce Tunda a préféré faire la tête, pour enfin surgir à la mairie de Lubumbashi vers midi en posant un acte de scandale.
Sa présence a semé le trouble. Selon plusieurs témoins, elle a donné des ordres stricts aux conseillers communaux présents dans la salle d’attente pour une audience avec le maire Patrick Kafwimbi, leur intimant de quitter les lieux.
Un geste brutal, perçu comme un affront par les conseillers. Voilà qui a immédiatement déclenché murmures, colère et incompréhension. D’aucuns se demandent sur l’origine de cette entement devenu diabolique. Défiant l’autorité à laquelle on dépend et voudrait rendre compte une confirmée, et défier aussi ses futurs électeurs [les conseillers municipaux] aux prochaines élections des maires et bourgmestres qui s’annoncent.
Un climat de défiance permanent
Cet épisode s’ajoute à une longue série d’incidents qui traduisent l’absence de cohésion à la tête de la mairie, voire un malaise au sein de ce parti présidentiel en RDC. D’un côté, le maire Patrick Kafwimbi, qui tente tant bien que mal d’asseoir son autorité. De l’autre, sa ’’colistière’’ et adjointe Joyce Tunda, dont les interventions spectaculaires donnent l’image d’un pouvoir bicéphale et conflictuel.
L’opinion publique y voit le reflet d’une gouvernance fracturée, où les rivalités internes prennent le pas sur l’intérêt général. Des avertis laissent entendre que le conflit au niveau des structures centrales de l’UDPS se duplique à la base.
Entre temps, c’est le silence radio de Kinshasa qui choque. Ni le ministère de l’Intérieur, ni les instances du parti présidentiel n’ont communiqué officiellement sur l’incident. Une attitude qui alimente les spéculations : qui, entre Kafwimbi et Tunda, détient réellement la confiance de la hiérarchie ?
Un conseiller municipal résume : « Nous avons l’impression d’être gouvernés par un volcan prêt à exploser. Cette cacophonie décrédibilise totalement la gestion municipale. »
Les Lushois, otages d’une guerre froide politique
Dans les rues de Lubumbashi, la population observe avec lassitude cette bataille d’ego. Beaucoup dénoncent un climat d’instabilité permanente qui retarde les dossiers prioritaires de la ville : insalubrité, sécurité, voirie urbaine, marchés publics et j’en passe.
Au lieu de se concentrer sur ces urgences, la mairie apparaît comme une arène de règlements de comptes.
Comme dit déjà, la crise à la mairie de Lubumbashi est plus qu’une querelle locale. Elle devrait être considérée comme un test de capacité pour l’UDPS à gérer ses propres divisions là où elle détient le pouvoir. Si rien n’est fait, le « modèle UDPS » risque de se transformer en repoussoir pour les électeurs, à la veille de futures échéances.
Bentunga Nkeka