Kolwezi – Alors que le Lualaba s’impose comme l’épicentre mondial du cobalt, la province peine toujours à sortir de la dépendance quasi exclusive aux revenus miniers. C’est dans ce contexte qu’une délégation de la GIZ, l’agence allemande de coopération au développement, a rencontré le Vice-Gouverneur Clément Mufundji Tshinat Karl pour évoquer les perspectives d’un partenariat visant la diversification économique et l’appui aux plans locaux de développement.
Le piège de la « malédiction des ressources »
Malgré ses richesses minières, le Lualaba reste confronté à un paradoxe : infrastructures routières délabrées, territoires enclavés, agriculture marginalisée et faible industrialisation locale. La dépendance aux taxes minières crée une économie fragile, exposée aux variations du marché international. « Tant que la province n’investira pas dans d’autres secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou la transformation locale, elle restera prisonnière de la rente minière », confie un expert économique de Kolwezi.
L’engagement affiché du gouvernement
Le Vice-Gouverneur Clément Mufundji a réitéré la volonté du gouvernement provincial, et la détermination de sa gouverneure, Mme Fifi Masuka Saini, de collaborer avec la GIZ pour impulser un véritable développement intégré. L’appui de la coopération allemande, mandatée par Berlin, l’Union européenne et les Nations unies, devrait cibler les infrastructures, les projets agricoles et la gouvernance locale, notamment à travers les Entités Territoriales Décentralisées (ETD).
Des promesses déjà entendues ?
Pourtant, dans l’opinion locale, une question persiste : combien de fois la province a-t-elle déjà entendu ces engagements ? Des promesses de diversification existent depuis plus d’une décennie, mais la réalité demeure une économie tournée exclusivement vers l’extraction et l’exportation brute. Les routes reliant les zones minières aux villages agricoles restent impraticables, étouffant toute dynamique de développement rural.
En annonçant des services « efficaces et rentables », la GIZ se place devant un défi de taille : traduire les accords de principe en réalisations tangibles et mesurables. Pour de nombreux observateurs, le succès ou l’échec de ce partenariat dépendra de la capacité à dépasser le cadre institutionnel et à investir dans des projets concrets qui améliorent directement le quotidien des populations.
Si la rencontre marque une volonté affichée de rupture avec le « tout-minier », le Lualaba reste à la croisée des chemins. La question clé demeure : la coopération internationale pourrait-elle briser le cercle vicieux d’une économie dépendante du cobalt, ou se contentera-t-elle d’entretenir le statu quo ?
Toutefois l’amélioration de l’environnement urbain de la capitale mondiale du cobalt est salué avec l’effort de sa dynamique gouverneure qui n’a pas du tout repos.
JM