Tanganyika : vraie confusion autour du test de la fonction publique provinciale

Kalemie – Un communiqué, attribué à la division provinciale de la fonction publique du Tanganyika, a annoncé l’annulation pure et simple du test de recrutement des agents récemment organisé à Kalemie par la province. Ce qui a semé et continue à semer la panique dans l’opinion. Or, plus de 5 000 candidats [Le nombre exact ne nous a pas été communiqué par le Chef de Division que notre rédaction a contacté et qui a promis de nous revenir sans suite jusqu’à cette publication, Ndlr], venus de tous les 4 coins de la province lacustre de Tanganyika (Moba, Kongolo, Manono, Kabalo…et parfois de plus de 250 km), attendaient avec impatience la publication des résultats de ce test d’embauche. Chose que viendra démentir le Chef de de ladite division, Dieudonné Kamona. Qualifiant le document de faux du 18 août 2025, pourtant portant la signature de son adjoint, M Makelele Ibocwa Bonheur, le sceau officiel et le contreseing du ministre provincial des Travail, Emploi, Prévoyances Sociales, Portefeuille et Fonction Publique. Voilà qui ajoute encore une dose de confusion dans les esprits

Un document douteux qui met le feu aux poudres

Un jour après la circulation sur les réseaux sociaux du fameux document, le 19 août, le Chef de Division titulaire, Dieudonné Kamona Yumba est monté au créneau pour faire un démenti et fixer l’opinion sur le fait que le test n’a pas été annulé et que la procédure de recrutement n’était pas suspendue. Une intervention qui vient de tenter de calmer l’indignation des milliers participants en colère. « Comment peut-on nous faire déplacer de si loin pour ensuite nous dire que tout est annulé ? », se sont emportés certains candidats contactés par notre rédaction à Kalemie.

Dans son intervention, le chef de division provinciale de la fonction publique, M. Kamona, a coupé court à la polémique : « Il s’agit d’un faux document, une arnaque pure et simple. Le test n’a pas été annulé. Les résultats seront publiés dès que le gouverneur, actuellement en mission à Kinshasa, les aura validés. » Pour lui, il s’agit clairement d’un acte de sabotage visant à semer la confusion et à troubler la quiétude sociale. Il ajoute par ailleurs que : « Celui qui peut annuler les résultats du concours, c’est le seul gouverneur de province, responsable de la fonction publique en province ». Selon toujours lui : « Comment mon subalterne peut-il signer un document de si grande importance alors que moi-même je suis présent dans la ville de Kalemie. C’est un faux document », souligne-t-il avec véhémence. Quant à la date de publication de ces résultats, Dieudonné Kamona, il dit vaguement que la correction est déjà finie et les résultats seront publiés bientôt sans fixer de date précise. « On attendait le retour du gouverneur qui était en mission à Kinshasa. Comme il est rentré, il va réunir la commission qui va décider »

Une affaire pas si banale

Si l’explication officielle tend à rassurer, plusieurs questions demeurent. Comment un faux communiqué a-t-il pu circuler avec autant de crédibilité, alors que la province a déboursé beaucoup d’argent pour l’organisation et ne pas donner des résultats après plusieurs mois ? Qui a intérêt à manipuler une information aussi sensible, dans une province où l’accès à l’emploi public est perçu comme une rare opportunité d’ascension sociale ? Pourquoi avoir attendu la circulation de ce vrai-faux ou faux-vrai document pour venir enfin faire un démenti aussi peut rassurant quant à la date de publication des résultats ? Il y a anguille sous roche.

Le poids des attentes sociales

Avec un taux de chômage élevé, chaque concours ou test de recrutement devient une source d’espoir, mais aussi de tensions. Le simple soupçon d’annulation a suffi à réveiller des frustrations profondes, révélant la fragilité du climat social dans le Tanganyika.

Les autorités affirment que des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de ce faux communiqué. Mais sur le terrain, les doutes persistent : pour beaucoup de candidats, ce type d’incident alimente la crainte d’une manipulation politique ou d’un favoritisme dans la publication des résultats.

Si le chef de division tente de rassurer, cette affaire met en lumière la vulnérabilité des institutions face aux « fake news » et la tension croissante autour de l’emploi public. Dans une province où chaque poste représente un enjeu vital, une rumeur peut vite se transformer en crise de confiance. Les projecteurs du Le Fédéral Hebdo restent allumés.

Kachina Mwito

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