Katanga en colère : « Condamner Joseph Kabila, c’est condamner le Congo », dixit les notables

Lubumbashi – Le verdict est tombé comme un coup de tonnerre : Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République démocratique du Congo, a été condamné à mort. Pour le Katanga, terre natale de l’ex-chef d’État, cette décision dépasse l’inacceptable. Elle est vécue comme une insulte, une humiliation collective infligée à tout un peuple, ont déclaré les notables Katangais le 25 août 2025.

Un procès « politique » qui révolte le Katanga

Dans une déclaration enflammée, les notables de la province minière ont dénoncé un « procès bâclé, truffé d’irrégularités » :

« Ce verdict n’a rien de judiciaire. C’est une mascarade orchestrée pour effacer l’héritage de Joseph Kabila et humilier le Katanga. Nous refusons cette injustice. »

Pour eux, attaquer celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans, ramené une paix relative et permis la première alternance démocratique, revient à effacer un pan de l’histoire congolaise.

« Kabila n’est pas seulement un homme. Il incarne une partie de l’âme du Congo. Le condamner, c’est condamner le pays tout entier », martèlent-ils.

Joseph Kabila reste, pour beaucoup de Katangais, le « fils du terroir » qui a porté haut l’étendard du Congo dans les moments les plus sombres de l’histoire nationale. Sa condamnation réveille un sentiment de trahison :

« A 29 ans, il a pris un Congo en lambeaux et l’a remis debout. Aujourd’hui, on le piétine, comme si le Katanga n’avait jamais rien donné à cette nation », s’indignent les leaders locaux.

Ils vont plus loin, assimilant cette décision à une remise en cause du rôle du Katanga dans l’unité nationale :

« Si l’on touche à Joseph Kabila, c’est le Katanga qu’on offense. Et si l’on offense le Katanga, c’est toute la RDC qui vacille. »

Un avertissement direct à Kinshasa

Le message adressé au président Félix Tshisekedi est clair : « Nous appelons à l’annulation de cette décision pour l’intérêt supérieur de la nation. Sinon, que personne ne s’y trompe : nous ne resterons pas spectateurs pendant que l’on abat notre fils. »

Derrière cette déclaration, une menace implicite : le risque d’une fronde régionale aux conséquences imprévisibles pour la stabilité du pays.

Un pays au bord de la rupture ?

Pour de nombreux observateurs, cette condamnation risque d’ouvrir une brèche dangereuse. Cette affaire intervient alors que Kinshasa traverse une tempête politico-judiciaire et la condamnation de Joseph Kabila est perçue comme un catalyseur des frustrations régionales et politiques. « On ne peut pas humilier un symbole national sans en payer le prix. La RDC joue avec le feu », prévient un diplomate africain en poste à Kinshasa.

Le Katanga l’a dit haut et fort : il ne reculera pas et défendra son fils. Reste à savoir si Kinshasa entendra l’avertissement… ou choisira l’affrontement.

L’œil du Jaguar

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