Dans le silence complice des institutions, le corps de Mzee Laurent-Désiré Kabila est pris en otage par un régime qui instrumentalise la justice pour réécrire l’histoire. Derrière l’apparition d’un prétendu « fils biologique » se cache un projet plus sombre : salir un héritage, fracturer une mémoire et humilier une nation. Jusqu’où ira le cynisme du pouvoir ?
Un cadavre politique sur la table d’autopsie du régime
Depuis mai 2020, un certain Ibrahim Kabila Tuaric, inconnu de la famille biologique de Mzee Laurent-Désiré Kabila, bénéficie d’une complaisance politico-judiciaire aussi suspecte qu’indécente. Dans le plus grand secret, le parquet de grande instance de la Gombe a autorisé qu’un médecin légiste prélève des échantillons ADN sur le corps du défunt Président – sans la moindre présence d’un membre de sa famille légitime. Oui, le corps de celui qui incarna la résistance et l’honneur du Congo est aujourd’hui l’objet d’une manipulation d’État.
Ce n’est pas une simple affaire de filiation contestée : c’est un acte politique, froidement calculé, visant à effacer un héritage, à fragiliser la mémoire collective et à briser un symbole. Après avoir tout tenté pour délégitimer Joseph Kabila, voilà que le régime s’attaque à la dépouille du père, pour imposer un « héritier » sorti de nulle part, fabriqué sur mesure pour servir un agenda obscur et cynique.
Une justice transformée en arme de destruction politique
Un document qui circule sur les réseaux sociaux en dit long : une réquisition émise par le parquet de Kinshasa/Gombe, signée par un certain Mwamba Mwamba Gilbert, ordonne au médecin légiste de l’hôpital général (ex-Mama Yemo) de procéder à cet acte macabre. Aucun membre de la famille, aucun témoin indépendant, aucune transparence. Un seul objectif : salir un nom, piétiner un mythe, humilier un peuple.
Pourquoi cet acharnement contre les Kabila alors que des cas de filiation douteuse de proches du pouvoir, connus de tous, sont tus et ignorés ? Pourquoi cet empressement à « déshériter » les opposants et à s’ériger en arbitre de la paternité politique au Congo ?
Un complot contre la mémoire nationale
Ce qui se joue ici dépasse le sort d’une famille : c’est une attaque contre le Katanga, a dénoncé un notable, contre l’idée même de résistance et contre tous ceux qui croient encore que le Congo peut se relever. En profanant Mzee, c’est le Congo tout entier qu’on piétine.
Pendant que la misère, l’insécurité et la corruption étranglent le pays, le régime trouve le temps et les moyens d’exhumer les fantômes du passé pour mieux masquer son échec, pensent certains observateurs. C’est une diversion cynique, une manipulation dangereuse qui risque de rallumer des fractures régionales et ethniques dont nous ne sortirons pas indemnes.
Dire NON avant qu’il ne soit trop tard
Nous ne devons pas rester silencieux. Car laisser profaner Mzee Laurent-Désiré Kabila, c’est accepter que demain d’autres héros, d’autres symboles soient déshonorés. C’est laisser à un pouvoir sans scrupules le droit de manipuler nos morts pour mieux asservir nos vivants.
Le Congo mérite mieux que ce spectacle macabre. Il mérite l’unité, la dignité et la vérité. Tout le reste n’est que poison.
Jeef Mwingamb