Le 2ème congrès de l’Union sacrée de la Nation, tenu à Kinshasa sous la houlette de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a ressemblé moins à une démonstration d’unité qu’à un retour aux accents d’un passé que l’on croyait révolu.
Fils du co-fondateur du MPR et cosignataire du manifeste de la N’sele, le chef de l’État, entouré de figures issues de l’école mobutiste comme Mboso, ou de leurs progénitures comme Jean-Pierre Mbemba, Jean-Pierre Lihau, Augustin Kibasa et bien d’autres charognards de la vieille époque comme Lambert Mende, assume de plus en plus une rhétorique d’intransigeance. Ses formules, les plus adulées et applaudies telles : « jamais, je négocierai avec… », « pas d’initiative en dehors de la mienne », « dialogue oui, mais seulement à l’intérieur du pays » — rappellent étrangement les dernières heures du régime du maréchal.
Le paradoxe est frappant : Tshisekedi proclame vouloir la paix et l’unité nationale, mais rejette toute voie alternative de recherche de cohésion quand il en faut. Dans les faits, cette posture se traduit par l’empêchement systématique de ceux qui souhaitent participer librement à d’autres initiatives de réflexion politique. Ce verrouillage progressif de l’espace public révèle un rétrécissement grave de la démocratie pour laquelle prétend-il avoir lutté. Fatshi passe ouvertement pour le stratège de l’ambiguïté ou encore le maître de la dialectique hégélienne.
Ce congrès, censé tracer une vision et rassembler autour d’un projet commun, a plutôt donné l’image d’un pouvoir recentré sur lui-même, convaincu que l’histoire ne peut s’écrire qu’autour d’un seul homme, ’’ le timonier’’. A moins de trois ans de la fin de son mandat, Félix Tshisekedi semble renouer avec les travers du passé : centralisation, exclusion, certitude de détenir seul la clé de l’unité nationale. Avec cette messe noire, il y a de quoi inquiéter l’opinion de la rupture d’une nouvelle alternance pacifique en RDC.
L’histoire récente du Congo a pourtant montré les limites de ce type de posture : l’intransigeance ne construit pas la paix durable, et l’autoritarisme finit toujours par s’éroder. Si le cap reste inchangé, 2028 pourrait marquer moins une célébration démocratique qu’une illusion d’alternance. Comme souvent en RDC, le naturel chassé semble revenir au galop.