Alors que la journée de lundi 1er septembre était tendue par la théâtralisation de l’installation de Mme Joyce Tunda Kazadi comme maire ad intérim par un huissier de justice, en lieu et place de Patrick Kafwimbi, qui lui était en tournée consacrée à la rentrée scolaire, la mairie de Lubumbashi a retrouvé son calme le mardi. Aucun dispositif policier particulier n’a été observé, et aucun incident n’a été signalé. Le maire intérimaire, Patrick Kafwimbi, a assuré sa présence à son bureau, tandis que son adjointe ; Joyce Tunda, n’a fait qu’un passage éclair dans la matinée avant de repartir.
La confusion entretenue ces derniers jours a cependant connu un tournant décisif grâce à la sortie médiatique du vice-premier ministre de l’Intérieur, Jaquemin Shabani dans la soirée du mardi. S’exprimant au cours d’un débriefing animé par son collègue de la Communication, Patrick Muyaya, il a déclaré sans équivoque : « Lubumbashi a un maire qui s’appelle Patrick Kafwimbi. Le reste, c’est de l’insubordination. »
Une prise de parole qui a valeur de rappel à l’ordre et qui met un terme aux ardeurs politiciennes de Mme Tunda Kazadi. En sa qualité de ministre de tutelle, il a qualifié le comportement contraire d’insubordination. Car, selon lui, les maires en tant que des territoriaux relèvent de son autorité. Même s’il y a une décision de justice, c’est à lui de le notifier et de procéder à l’installation.
Deux faits marquants dans l’évolution du dossier
Sur instruction de la hiérarchie policière, les éléments affectés à la sécurité de Mme Joyce Tunda ont été retirés. Ce sont des éléments de la police militaire (PM) qui l’accompagnent à titre privé. Cette décision serait liée à son refus de reconnaître l’autorité du VPM de l’Intérieur, dont dépend la police nationale. Une procédure disciplinaire ouverte à son encontre est en voie de clôture et pourrait déboucher sur une sanction.
Le secrétariat général de la Fonction publique a, de son côté, a instruit le maire de suspendre le Chef de division urbaine, M. Kyakulenga. Ce dernier, est accusé d’avoir réceptionné au nom du maire un document remis par un huissier de justice. Malgré un problème de santé à la jambe, M. Kyakulenga aurait été conduit de force pour présider la séance dite d’installation. Une action disciplinaire est également ouverte à son encontre.
Rappelons que lundi, la mairie avait été placée sous haute surveillance policière après que Mme Joyce Tunta Kazadi se soit présentée comme « réhabilitée » par une décision du Conseil d’État. Elle s’était alors installée dans les locaux, allant jusqu’à stationner sa voiture à l’espace réservé au maire Kafwimbi. Une témérité qui n’a pas ébranlé le calme du maire Kafwimbi. C’est pourtant la goutte qui a débordé le vase.
Avec la mise au point du VPM Shabani, beaucoup espèrent que Lubumbashi n’aura plus à revivre les scènes de confusion et de tensions observées récemment à la mairie. Pour l’heure, la situation est sous contrôle, même si les regards restent tournés vers Kinshasa où se joue désormais la suite de ce dossier.
L’œil du Jaguar