Coup de tonnerre au Palais du peuple. Vital Kamerhe a remis, ce lundi 22 septembre, sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale, à quelques heures seulement de la plénière devant examiner des motions de défiance dirigées contre lui et certains membres de son bureau. C’est ce que confirme sa lettre adressée au premier vice-président de la chambre basse lors de la conférence des présidents. Si cette nouvelle peut faire la fête pour les détracteurs de Kamerhe au sein de l’Union sacrée, elle plonge cependant la scène politique congolaise dans une incertitude totale.
Une sortie sous pression
Ce départ brutal intervient alors que la plénière s’apprêtait à ouvrir un débat houleux sur sa gestion, mais aussi sur les soupçons grandissants entourant son passage au ministère de l’Économie. Malgré les irrégularités relevées dans lesdites motions (doublons, fausse signature, présence d’un faux député, etc, Ndlr). Kamerhe, qui fut longtemps présenté comme l’allié de poids du président Tshisekedi, se retire au moment où la tempête parlementaire menaçait d’emporter son fauteuil. Le silence de Félix Tshisekedi inquiète au plus haut niveau.
Ambitions présidentielles !
Derrière cette démission, on voit se dessiner l’ambition présidentielle de Vital Kamerhe. Selon plusieurs sources, l’ancien « pacificateur » de la coalition n’aurait jamais renoncé à briguer la magistrature suprême en 2028. Ses récents voyages à l’étranger pour obtenir des soutiens politiques et diplomatiques auraient fini par irriter le chef de l’État Félix Tshisekedi. Ce dernier est décidé à conserver la mainmise sur l’Union sacrée et à prolonger son mandat. D’où le funeste projet de la révision de la constitution qui revient sur la sellette à certaines sorties médiatiques des proches du pouvoir.
L’ombre d’un scandale financier
Mais l’avenir de Kamerhe ne se joue pas uniquement sur le terrain politique. Des révélations font état d’un vaste dossier de détournement de fonds publics. Les sources renseignent plus de 100 millions de dollars liés à l’importation de maïs durant son mandat au ministère nationale de l’Économie (2023-2024). Une procédure judiciaire serait sur le point d’être déclenchée, accentuant les risques d’une nouvelle chute brutale, semblable à celle de 2020 dans le dossier dit « des 100 jours ».
Un avenir incertain se profile
Cette démission est interprétée par certains comme une stratégie de fuite en avant. Une chose est certaine, elle pourrait bien ouvrir un nouvel épisode judiciaire. Vital Kamerhe, désormais fragilisé, devra batailler sur deux fronts : sauver sa liberté face à une justice imprévisible et à la solde du pouvoir en place, et tenter de préserver ses chances dans la course présidentielle de 2028. Bientôt une reconfiguration de la majorité au pouvoir.
Jeef Mwingamb