Kolwezi – Après les incidents meurtriers survenus sur le site minier de Mulondo le 15 novembre 2025, à environ 50 km de Kolwezi, l’entreprise PAJECLEM CONGO CONSULTING Sarl a tenu à clarifier sa position face aux accusations d’occupation illégale portées contre elle par certains acteurs locaux. Accompagnée de son avocat-conseil, Me Guylain Michel Kawaya, la société apporte des éléments qu’elle estime déterminants pour comprendre les enjeux autour de ce dossier sensible.
Une cession signée avec Chemaf en juillet 2025
Au cœur de la polémique : la propriété du permis d’exploitation PE 2116, anciennement détenu par la société Chemical of Africa ( Chemaf S.A) du sujet indien Virgy Shiraj, PAJECLEM affirme être pleinement propriétaire du site depuis le 21 juillet 2025, date à laquelle Chemaf SA a signé un acte de cession en bonne et due forme. Ce que confirme le secrétaire général de Chemaf SA par son communiqué du 20 novembre 2025 [bien que la superficie exacte de la parcelle cédée n’ait pas été divulguée, Ndlr].
Selon PAJECLEM, l’entreprise est donc dans son droit le plus strict d’exploiter sa carrière, de signer des partenariats, etc. ce qui rend infondées les accusations selon lesquelles elle aurait « ravi » la carrière aux exploitants artisanaux, met-il au défi quiconque. Car, selon le même communiqué, « le PE 2116, n’a jamais été une Zone d’Exploitation Artisanale (…) »
Pourquoi les creuseurs sont-ils toujours présents ?
PAJECLEM renvoie la responsabilité aux autorités minières locales, accusées de passivité. La société dit avoir constaté dès le départ des incursions illégales de son terrain par des creuseurs artisanaux, et affirme avoir saisi par écrit les services provinciaux compétents « sans aucune suite ». C’est ce qu’indique une lettre datée du 22 OCTOBRE 2025 non référencée dont une copie est parvenue à notre rédaction. L’objet de cette correspondance est une ‘’dénonciation des actes d’envahissement du site minier sous PE 2116 et demande de sécurisation d’un investissement’’
La situation se serait aggravée après la diffusion, le 20 octobre 2025, d’une vidéo aux relents subversifs, montrant un responsable du secteur encourageant ouvertement des foules d’exploitants artisanaux à occuper le site. PAJECLEM considère cette personne bien connue comme un instigateur majeur du désordre.
D’après l’entreprise PAJECLEM, aucun document officiel ne reconnaît Mulondo comme un site artisanal. Le seul élément évoqué par certains acteurs serait un procès-verbal d’une réunion datant de 2021 avec les creuseurs, après leur délocalisation du site de Lufungu (Mutoshi). Ce document est jugé par PAJECLEM de « non contraignant et sans valeur légale ».
Mulondo, un site industriel avant tout
PAJECLEM insiste sur un point : Mulondo est un site industriel, et non une zone d’exploitation artisanale. C’est clairement souligné dans le communiqué diffusé par Chemaf SA. A sa prise de possession dudit site, la direction de PAJECLEM affirme n’avoir trouvé aucune trace d’activités antérieures des creuseurs, ni l’existence d’un dépôt de minerais, contrairement à ce que l’on observe généralement ailleurs.
Dès lors, elle s’interroge : qui organise ces incursions répétées ? Qui en est l’auteur intellectuel ?
Les tueries du 15 novembre : PAJECLEM décline toute responsabilité
Concernant les morts enregistrées la semaine dernière, PAJECLEM affirme que les incidents se sont déroulés à environ 500 mètres du bassin convoité. Elle nie donc toute implication, ajoutant que la province a pris en charge la situation « sans déranger personne ». Selon PAJECLEM, ceci confirmerait son absence de responsabilité.
L’entreprise PAJECLEM se dit également être surprise par le comportement inhabituel des creuseurs. Ces derniers ont immédiatement repris leurs activités après avoir repêché les corps de leurs condisciples. D’aucuns le savent que dans des cas similaires, de fortes tensions éclatent généralement. Comprenne qui peut, s’exclame-t-on.
Pourquoi la Garde républicaine dans un site minier ?
Ce qui intrigue, c’est la présence des éléments de la Garde Présidentielle (GR), souvent perçus comme une escalade de violence. Selon PAJECLEM, cela s’expliquerait par des raisons purement de sécurité.
L’entreprise incriminée affirme que l’auditorat militaire avait auparavant intercepté certains creuseurs en possession d’armes à feu et d’autres encore avec d’armes blanches. Ce qui aurait justifié le recours à une force plus spécialisée pour dissuader de nouvelles incursions et prévenir des éventuels dangers.
A ce stade, PAJECLEM dit attendre les orientations officielles du ministère des Mines à Kinshasa, notamment sur les mesures à prendre pour stabiliser durablement la situation et protéger l’intégrité de son site.
Propos recueillis par l’œil du Jaguar