La bourgmestre de la commune de Shituru, Laure Anzaka, a été suspendue de ses fonctions à titre conservatoire. C’est le gouverneur a.i. du Haut-Katanga, Martin Kazembe qui a pris cette décision en début de semaine. Cette décision intervient après sa convocation et son audition, consécutives à la circulation sur les réseaux sociaux d’images et de vidéos jugées incompatibles avec l’éthique et la dignité de sa charge. Une mesure accueillie favorablement par une large frange de la population locale.

La saga qui secoue depuis quelques jours la commune de Shituru dans la ville de Likasi, a connu un premier épilogue institutionnel. A l’issue de l’audition de la bourgmestre Laure Anzaka, convoquée par le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, il a été décidé de la suspendre de ses fonctions pour immoralité présumée et manquement à l’éthique administrative, en attendant l’aboutissement de la procédure disciplinaire engagée par la hiérarchie.

Selon des sources proches du gouvernorat, la décision du gouverneur a.i , Martin Kazembe, se fonde sur la gravité des faits reprochés et sur l’onde de choc provoquée par la diffusion massive, sur les réseaux sociaux, d’images et de vidéos jugées compromettantes pour une autorité publique censée incarner la moralité, l’exemplarité et le respect des valeurs républicaines. Pour rappel, « des vidéos et images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent une femme présentée comme la bourgmestre de Shituru, Mademoiselle Anzaka Alima Suura Asha Laure, dévêtue et tenant une bouteille de bière de marque Beaufort, allongée sur un lit dont le cadre [hôtel ou résidence privée], n’a pas été formellement établi.
La population de Shituru soulagée
L’annonce de cette suspension a été accueillie avec un certain soulagement dans la commune de Shituru. Nombreux sont les habitants qui affirment « en avoir assez » des comportements qu’ils qualifient d’irrespectueux et indignes de l’incriminée. Pour eux, cette mesure conservatoire apparaît comme un premier pas vers la restauration de la crédibilité et de l’image de l’autorité locale. Ce qui a longtemps manqué.
Il convient de rappeler que la nomination de Laure Anzaka avait, dès l’origine, suscité une vive contestation, aussi bien au sein des rangs du parti politique censé la soutenir que dans l’opinion publique locale. Plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer une désignation « sortie de nulle part » au prix du clientélisme, mettant en cause à la fois ses mœurs, jugées peu probantes, et son profil académique.
Un profil qui soulève des questions !
Des interrogations persistent également autour de son niveau d’études. Lors du récent contrôle biométrique des autorités locales, l’intéressée avait présenté une copie de document laissant entendre qu’elle serait licenciée en droit de l’Université de Lubumbashi (UNILU). Une information qui, à ce stade, reste à vérifier auprès des instances académiques compétentes.
Pour de nombreux observateurs, ce dossier illustre une fois de plus les dérives du clientélisme politique, accusé de propulser à des postes de responsabilité des profils jugés inadaptés, au détriment de la bonne gouvernance et de la crédibilité de l’administration publique.
D’ores et déjà, le maire de Likasi, Henri Mungomba Tamba, a procédé à la notification officielle de la suspension de la bourgmestre concernée. Ce vendredi 26 décembre, sauf imprévu, la remise et reprise devrait s’effectuer avec son adjoint, Jean Kabelu. Ce dernier sera appelé à assurer l’intérim, en attendant le traitement complet du dossier par la hiérarchie.
Une affaire loin d’être close
Dans cette affaire aux multiples ramifications, Le Fédéral Hebdo entend poursuivre son travail d’enquête afin d’éclairer aussi l’opinion sur l’ensemble des zones d’ombre entourant la gestion ’’controversée’’ de la bourgmestre en disgrâce. Pour certains acteurs de la société civile, la meilleure option pour l’intéressée serait de présenter sa démission, avant toute sanction définitive, estimant qu’elle n’a pas su servir de modèle à la jeunesse.
La gestion de Laure Anzaka Alima Suura Asha à la tête de la commune de Shituru, déjà très critiquée, fera l’objet d’un autre récit approfondi, tant les griefs et interrogations demeurent nombreux.
L’œil du Jaguar