En application de l’arrêté ministériel N°00964 CAB.MIN/MINES/01/2025 du 19 décembre 2025, principalement en son article 2, le ministre des Mines Louis Kabamba Watum est passé de la parole à l’acte. Depuis près d’une semaine, la commission ad hoc conduite par son chargé de missions, Franck Fwamba est à pied d’œuvre à Kolwezi dans la province du Lualaba. L’objectif affiché est de remettre de l’ordre dans le secteur minier artisanal longtemps marqué par des pratiques hétérogènes et un manque de transparence. Ceci a pour finalité ultime de préserver la crédibilité du label congolais et d’ouvrir la voie à une redistribution plus équitable de la valeur.

Les travaux de contrôle de conformité des entités de traitement par la commission ad hoc venue de Kinshasa, ont été lancés le mardi 30 décembre 2025. C’est la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini qui a donné le ton dans la salle polyvalente de l’hôtel du gouvernement. Associant rigueur technique et dialogue structuré, cette opération consiste à faire le contrôle de conformité administrative, juridique et technique. Mais aussi de vérifier la traçabilité et la licéité des sources d’approvisionnement des entités.
Les premières auditions de la commission ont ciblé la vérification des licences, un point clé pour clarifier les responsabilités et les écarts, avant d’envisager des plans correctifs réalistes.
Nonobstant les vagues de contestations constatées à l’annonce de la mesure, visiblement une sorte de manipulation et d’ignorance, la démarche a été accueillie avec une convergence d’intérêts, particulièrement par les exploitants artisanaux qui, jusqu’ici, se disaient pénalisés par l’opacité et la concurrence déloyale.
Ces derniers ont salué le travail de titan jusque-là abattu sur terrain. Car, reconnaissent-ils, cette démarche a pour avantage de sécuriser l’accès aux comptoirs, une meilleure transparence des prix, la réduction des intermédiaires abusifs et une montée en conformité des unités de traitement.
En contrôlant licences et pratiques de traitement, la commission cherche à rompre avec les circuits opaques qui affaiblissaient la chaîne de valeur. Cela peut réduire les marges des acteurs informels ou non conformes, mais aussi mieux protéger les mineurs artisanaux légitimes et les acheteurs responsables.
Un climat plus propice à l’investissement responsable
Le Lualaba, cœur de la production nationale, voit dans ce tournant une opportunité de renforcer la crédibilité du secteur. Une régulation plus claire et appliquée encourage théoriquement l’arrivée d’investissements plus responsables et structurants, tout en limitant le recours à des intermédiaires douteux.
La commission a signalé qu’au-delà de la fermeté, il faudra accompagner les mises à niveau et publier régulièrement les résultats pour ancrer la confiance. Le défi est de maintenir le tempo de l’action tout en offrant un cadre permettant aux acteurs de se conformer sans être exclus du marché.
De même, il faudra la diffusion régulière des résultats d’assainissement. Ce qui sera déterminant pour maintenir l’adhésion des acteurs et de l’opinion publique. Cela permettra d’éviter la montée de nouvelles tensions ou d’incompréhensions.
L’assainissement du secteur minier artisanal ainsi enclenché dans le Grand Katanga, apparaît comme une manœuvre stratégique à la fois technique et politique. Si les premiers signaux sont jugés positifs par les acteurs de terrain, le succès à long terme dépendra de la continuité des contrôles, de l’accompagnement des unités de traitement, et de la transparence dans le suivi des résultats. Le train de l’assainissement est bel et bien lancé, certes, il faudrait alors que l’enjeu soit un chantier pérenne et bénéfique pour l’ensemble de l’écosystème minier congolais.
L’œil du Jaguar