La colère des creuseurs artisanaux a franchi un nouveau cap. Six bus de la compagnie de transport interurbain MULYKAP Sarl ont été vandalisés sur le tronçon Fungurume – Kolwezi. Ce qui a contraint l’entreprise à suspendre tout son trafic sur l’axe Lubumbashi – Kolwezi dès ce mercredi 7 janvier 2026, suite à ce climat d’insécurité grandissante.

La tension autour de la suspension provisoire des activités minières artisanales a franchi un seuil critique au Lualaba, malgré la levée conditionnelle. Six bus de la société MULYKAP Sarl ont été vandalisés par des creuseurs artisanaux en furie, lors d’incidents survenus le mardi 6 janvier 2026 sur le tronçon Kolwezi–Fungurume, précisément à Kawama et Kisanfu, deux sites miniers majeurs devenus l’épicentre de graves dégâts collatéraux.
Il faut souligner que la société MULYKAP est non seulement la principale compagnie de transport interurbain de personnes et de marchandises dans la région, mais aussi l’acteur de la révolution dans ce domaine qui mérite protection de la part du pouvoir public. Que ses véhicules soient pris pour cible par des jets de projectiles, occasionnant des dégâts matériels importants : pare-brise brisés, vitres latérales et filtres endommagés, cela serait un découragement des investisseurs nationaux qui inspirent pourtant le modèle.
Sur le plan humain, le bilan est tout aussi préoccupant. Une jeune dame a eu la clavicule touchée, un homme a été atteint à la tête par un projectile, tandis qu’un chauffeur de la compagnie a subi des lésions oculaires causées par des éclats de verre provenant du pare-brise cassé. Ce dernier est actuellement pris en charge dans un hôpital de la place, selon des sources proches de l’entreprise.

Face à cette escalade de violence et soucieux de protéger ses clients ainsi que son personnel, tout en préservant le standard de qualité et de sécurité qui fait sa réputation, la direction de MULYKAP Sarl a rendu public un communiqué annonçant la suspension momentanée de l’ensemble de son trafic sur les axes concernés.
Cette situation est jugée extrêmement préoccupante par plusieurs observateurs, qui y voient un signal négatif pour le climat des affaires. Dans une province déjà marquée par de fortes tensions sociales, ces violences constituent un facteur sérieux de découragement pour les investisseurs locaux, contraints d’évoluer dans un environnement de plus en plus instable et imprévisible.
Au-delà du secteur des transports, c’est toute l’économie provinciale qui se retrouve fragilisée, posant avec acuité la question de la gestion politique et sécuritaire des crises minières dans la région.
Jeef Mwingamb