Est-ce une tentative d’évasion ?
Un incendie d’origine électrique a réduit en cendres l’hôpital de la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi. Si les autorités privilégient la piste accidentelle, une certaine opinion s’interroge déjà : et s’il s’agissait d’une manœuvre avortée de tentative d’évasion, dans une prison rongée par le surpeuplement, la promiscuité extrême et une surveillance devenue obsolète ?
Un violent incendie s’est déclaré le matin de jeudi 29 janvier au sein du centre hospitalier de la prison centrale de Kasapa, située dans la commune Annexe. Selon les premières informations communiquées par l’administration pénitentiaire, le sinistre serait d’origine électrique. Aucun décès n’a été enregistré, mais les dégâts matériels sont considérables.
Aussitôt alertée, la Police nationale congolaise (PNC) est intervenue pour sécuriser le périmètre et prévenir tout mouvement de panique ou de désordre. Sous la direction du commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba, un dispositif sécuritaire renforcé a été déployé dans cet établissement carcéral réputé sensible.
Le feu a entièrement détruit les principales installations du service médical : la salle d’hospitalisation, la pharmacie, le bureau du médecin directeur ainsi que la salle d’attente. Ces locaux représentaient le seul espace de prise en charge sanitaire pour une population carcérale largement au-delà de la capacité officielle de la prison.
Les détenus nécessitant des soins ont été évacués vers des sites provisoires, pendant que les équipes techniques procédaient à l’évaluation des dégâts.
Cependant, au-delà de la version officielle, une certaine opinion évoque l’hypothèse d’une tentative d’évasion qui aurait échoué. Une thèse non confirmée, mais alimentée par le climat permanent de tension, le surpeuplement chronique, la promiscuité extrême et une surveillance encore largement archaïque, reposant sur des moyens humains et matériels insuffisants.
A la prison de Kasapa, ces réalités constituent l’épine dorsale des difficultés de l’administration pénitentiaire. L’incendie apparaît ainsi comme le symptôme d’un système carcéral à bout de souffle. Les mauvaises conditions de vie, la vétusté des infrastructures et l’absence d’investissements durables exposent quotidiennement les détenus et les agents pénitentiaires à des risques majeurs.
Plus qu’un simple fait divers, ce drame relance avec force la question de la réforme profonde et urgente du système pénitentiaire congolais.
Consolatte Nawej 2