Un nouveau drame ferroviaire vient endeuiller l’Est de la RDC. Le déraillement du train de passagers Bana Katanga, survenu près de Kalemie, remet crûment sur la table la question de la sécurité ferroviaire et de la gestion décriée de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), régulièrement pointée du doigt après des accidents à répétition.
Un grave accident ferroviaire s’est produit ce samedi 31 janvier 2026 dans la province du Tanganyika. Le train de passagers Bana Katanga, qui assurait la liaison entre Kindu et Kalemie, a déraillé au niveau du pont Kabandwa, à environ 16 kilomètres de sa destination finale.
Selon des sources locales, le drame est survenu entre les localités de Kiluba et la gare Makala. Pour des raisons qui restent encore à déterminer, le convoi est brutalement sorti de la voie, provoquant la chute de la locomotive dans un ravin. Sous la violence de l’impact, l’engin moteur a pris feu, dégageant une épaisse fumée visible à plusieurs kilomètres à la ronde.
Les premières informations font état de plusieurs victimes, sans qu’un bilan officiel définitif n’ait encore été communiqué par les autorités compétentes. Les opérations de secours se sont déroulées dans des conditions particulièrement difficiles, en l’absence de moyens spécialisés adéquats. Les services locaux, appuyés par des habitants de la zone, souvent premiers intervenants, ont tenté de porter assistance aux passagers piégés.
Si l’ouverture d’une enquête est annoncée afin d’établir les causes exactes de l’accident, ce nouveau drame relance surtout les critiques persistantes à l’encontre de la Société nationale des chemins de fer du Congo. Pour de nombreux observateurs, le déraillement du train Bana Katanga n’a rien d’un accident isolé. Il s’inscrit dans une longue série d’incidents révélateurs d’un système ferroviaire fragilisé par le manque d’entretien, la vétusté des infrastructures et une gouvernance largement jugée défaillante.
Le réseau exploité par la SNCC repose en grande partie sur des rails anciens, parfois fortement dégradés, tandis que les locomotives mises en circulation accusent un âge avancé. Malgré les alertes répétées des usagers, des syndicats et de la société civile, les efforts de modernisation, pourtant maintes fois annoncés, peinent à se matérialiser, exposant quotidiennement les passagers à des risques considérables.
Le train Bana Katanga demeure pourtant un axe vital pour les populations du Maniema et du Tanganyika. Au-delà du transport des voyageurs, il constitue un corridor économique stratégique pour l’acheminement des biens et des produits de première nécessité. Faute d’alternatives fiables, de nombreux Congolais n’ont d’autre choix que d’emprunter ce train, souvent au prix de leur sécurité, pire de leur vie.
Au-delà de l’émotion et de l’indignation suscitées par ce nouvel accident, une question demeure lancinante : jusqu’à quand la SNCC continuera-t-elle à faire circuler des trains sans garanties suffisantes de sécurité ? Pour beaucoup, le drame de Kabandwa devrait servir d’électrochoc, en imposant des responsabilités claires et des réformes urgentes, afin que les rails congolais cessent d’être le théâtre de tragédies annoncées.
Asia Kayombo