Le chef de division du cadastre Lubumbashi-Est, Julien Kinda Kapya, est suspendu et visé par une action disciplinaire pour son rôle présumé dans la création controversée du lotissement Luano, situé aux abords de l’aéroport du même nom, une zone relevant pourtant du domaine public de la RVA.
La décision de suspension de Julien Kinda Kapya intervient à la suite des conclusions consignées dans le procès-verbal du Secrétariat général aux Affaires foncières en date du 16 février 2026. Il lui est reproché d’avoir joué un rôle majeur dans la mise en place du lotissement Luano, à proximité immédiate de l’aéroport international de la Luano, dont l’emprise est juridiquement protégée et classée dans le patrimoine public de la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Ce dossier sensible d’occupation jugée illicite et anormale n’en est pas à son premier rebondissement. Plusieurs mois auparavant, il avait déjà emporté d’autres responsables du cadastre, dont le CTI Franck, dans une vague de sanctions administratives liée à la gestion controversée de cette zone stratégique.
Sur le terrain, les conséquences humaines et matérielles sont lourdes. De nombreux citoyens, pourtant détenteurs de titres cadastraux en bonne et due forme, ont vu leurs habitations de grande valeur détruites sans préavis ni avertissement, selon leurs témoignages. Les victimes dénoncent une opération brutale, menée, affirment-elles, par des éléments armés assimilés à la garde présidentielle appuyés par la police, sans possibilité de dialogue ni de recours immédiat.
Désemparés, ces propriétaires affirment avoir acquis leurs parcelles légalement, avec des titres authentiques ayant donné lieu à des paiements au Trésor public. Ils estiment qu’une procédure de délocalisation assortie d’un dédommagement équitable aurait dû être envisagée, plutôt qu’une démolition jugée expéditive.
Alors que les responsabilités semblent partagées entre services fonciers et autorités administratives, plusieurs voix s’élèvent pour rappeler le devoir de l’État de protéger ses citoyens et de garantir la sécurité juridique des actes délivrés par ses propres services. Le comble est que ces destructions interviennent en pleine saison pluvieuse, aggravant la précarité des familles sinistrées.
G. Wakunonda