Lubumbashi – Un militant de l’UDPS meurt électrocuté : des violences signalées à Kilobelobe.

Derrière l’électrocution mortelle d’un militant ce jeudi 26 mars 2026 au en pleine rivalité partisane, c’est un système inquiétant qui se dévoile : celui d’une jeunesse livrée à la violence politique, sans encadrement ni limites.

Le drame s’est noué en début de matinée au rond-point Masiya, dans le quartier Kilobelobe, commune Annexe de Lubumbashi. Un jeune militant de l’UDPS/Tshisekedi a perdu la vie après avoir été violemment électrocuté en tentant de retirer des drapeaux de l’UNAFEC fixés sur des poteaux de la SNEL, pour y installer ceux de son parti. D’après plusieurs témoignages, le jeune homme, à peine majeur (entre 18 et 20 ans d’âge) décrit comme, particulièrement engagé et zélé, avait réussi une première intervention sans incident. Mais en s’attaquant à un second poteau, il aurait été surpris par une décharge électrique fatale. Il est décédé sur place, sous les regards impuissants de ses compagnons.

Dans un climat de choc et de confusion, la situation a rapidement dégénéré. Le corps de la victime a été transporté vers l’avenue La Vallée, un espace réputé être un bastion de jeunes affiliés à l’UNAFEC. Très vite, des affabulations de “mauvais sort” ont étonnement émergé, alimentant la colère. En quelques instants, la tension s’est transformée en affrontements ouverts entre militants des deux camps.

Le bilan fait état d’un mort (par électrocution) et de plusieurs blessés dans les 2 camps, sur fond de rivalités politiques pourtant internes à une même majorité. Une violence qui illustre à quel point les clivages sur le terrain peuvent dépasser les alliances formelles.

Mais au-delà de l’accident réel, ce drame met en lumière une réalité plus profonde et préoccupante. A Lubumbashi, une frange de la jeunesse militante échappe de plus en plus à tout contrôle. Instrumentalisés par des logiques partisanes, ces jeunes occupent l’espace public, imposent des règles parallèles et recourent régulièrement à la violence.

Dans plusieurs quartiers, ils contrôlent des arrêts de bus, de taxis et de tricycles, où ils prélèvent des redevances informelles. Certains sont impliqués dans des circuits de vente de produits prohibés, comme l’alcool fort artisanal ou le chanvre. Ailleurs, ils instaurent des barrières illégales, exigeant des paiements pour le simple passage des véhicules. Des lieux comme “Ciné” ou le rond-point Kamasaka sont devenus des points de rassemblement réguliers, où l’autorité publique semble reléguée au second plan.

Ces pratiques, tolérées ou ignorées, participent à installer un climat d’insécurité et de terreur permanent pour les habitants et les opérateurs économiques. Bagarres rangées, pertes de marchandises, intimidations : le quotidien de nombreux citoyens est désormais rythmé par ces débordements.

Face à cette situation, des voix s’élèvent au sein de la société civile pour dénoncer une dérive grave. Elles appellent les autorités, en particulier le ministère de l’Intérieur et Sécurité, à prendre des mesures urgentes pour restaurer l’ordre et réaffirmer l’autorité de l’État dans la ville de Lubumbashi, deuxième métropole de la RDC.

Car pour beaucoup, le drame du rond-point Masiya n’est pas un simple accident. Il est le symptôme d’un problème structurel : l’absence d’encadrement réel des jeunes au sein des partis politiques, combinée à une radicalisation croissante du militantisme. Une bombe à retardement, dont les conséquences deviennent chaque jour plus visibles.

Ce nouvel épisode rappelle une évidence trop souvent ignorée : lorsque la politique descend dans la rue sans règles ni responsabilité, elle finit inévitablement par coûter des vies. C’est à cela que Lubumbashi fait face.

Kachina Mwito

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