les carottes sont complètement cuites pour Jacques Kyabula. La dernière cérémonie d’installation avec pompe et solennité du Conseil provincial de l’Union sacrée de la Nation (USN) dans le Haut-Katanga consacre, non seulement une nouvelle hiérarchie, mais tourne aussi la page du gouverneur ‘’fugitif’’. Entre ascension fulgurante de l’intérimaire et mise à l’écart feutrée de celui appelé en consultation, la scène politique provinciale se redessine à grande vitesse.
L’installation du Conseil provincial de l’Union sacrée de la Nation (USN) dans le Haut-Katanga marque un tournant politique aux allures de recomposition accélérée. Au cœur de cette dynamique, un nom s’impose : Martin Kazembe Shula, désigné numéro un de la structure provinciale. Une promotion qui, sans le dire ouvertement, conforte déjà sa stature de futur gouverneur avant même l’épreuve formelle de l’élection à l’Assemblée provinciale.
Dans un contexte politique tendu, cette désignation sonne comme une validation tacite, voire une investiture politique anticipée. L’USN semble ainsi verrouiller le jeu en amont, réduisant le suspense institutionnel à une simple formalité.
Mais au-delà de cette mise en ordre stratégique, c’est l’intervention d’André Mbata, éminence crise et secrétaire permanent national de l’USN, qui a retenu l’attention. Évoquant le cas de Jacques Kyabula, gouverneur suspendu et maintenu à Kinshasa depuis plusieurs mois, Mbata a tenu des propos pour le moins ambigus, teintés d’une ironie à peine voilée.
« Jacques Kyabula est libre de ses mouvements. Il n’a jamais été arrêté. Lui et son parti ARDEV sont toujours membres de l’Union sacrée », a-t-il déclaré, sans un mot sur la suspension ni sur cette longue “consultation” qui s’éternise.
Derrière cette apparente banalité se cache une charge politique subtile. En affirmant une liberté de façade, Mbata semble entériner, avec une certaine malice, une mise à l’écart silencieuse. Une manière de clouer sans accuser, d’ignorer sans exclure officiellement, et de tourner en dérision une situation devenue embarrassante.
Dans les faits, le gouverneur Kyabula apparaît plus isolé que jamais, suspendu entre présence politique et effacement stratégique. L’installation du Conseil provincial de l’USN, avec Martin Kazembe en figure de proue, consacre ainsi un nouvel équilibre, où certains avancent pendant que d’autres disparaissent sans bruit.
Jeef Mwingamb