“Créer une entreprise en trois jours, c’est désormais possible”, dixit Francis Kilala Luhembwe, chef d’antenne provinciale du Guichet Unique du Haut-Katanga

La mise en place du Guichet Unique (GUCE) en 2014, a sensiblement révolutionné le processus de création des entreprises en RDC. Offrant un délais raccourcis, des procédures simplifiées et la dématérialisation en cour. Francis Kilala Luhembwe, Chef d’antenne provinciale dans le Haut-Katanga, revient sur les avancées et les défis de cette réforme structurante pour le climat des affaires. Ci-dessous l’intégralité d’une interview accordée à Le Fédéral

Le Fédéral : Le Guichet Unique a été instauré pour améliorer le climat des affaires en RDC. Pouvez-vous nous rappeler sa genèse ?

Francis Kilala : Le Guichet Unique a été mis en place par décret présidentiel n° 14/014 du 8 mai 2014, puis modifié par le décret n°21/002 du 22 janvier 2021. Avant ces décrets, la création d’une entreprise relevait du parcours du combattant. Les entrepreneurs congolais devaient se rendre auprès de plusieurs administrations, affronter des lenteurs et des obstacles parfois dissuasifs. En créant le GUCE, l’objectif était de centraliser toutes les démarches sous une même tutelle, celle du ministre de la Justice, afin de fluidifier le processus.

Le Fédéral : Qu’est-ce qui change concrètement pour l’entrepreneur Congolais aujourd’hui ?

FK : La création d’entreprises, autrefois fragmentée, est désormais intégrée. Toutes les administrations – DGI, ONEM, INPP, greffe du tribunal, notariat, etc. – sont réunies dans un même cadre. Cela met fin à la complexité administrative d’autrefois. De plus, nous avons entamé un processus de dématérialisation pour interconnecter ces services. Lorsque les données sont traitées au niveau national, elles apparaissent simultanément au niveau provincial. Cela accélère l’identification des entrepreneurs et le traitement des dossiers.

Le Fédéral : Vous parlez de dématérialisation. Où en est-on aujourd’hui ?

FK : Nous sommes en phase d’interconnexion avancée avec la Direction Générale des Impôts. Notre objectif est de rendre le système totalement digitalisé. Cela permettra aux futurs entrepreneurs de déposer leurs dossiers même à distance, de suivre son évolution en temps réel et de réduire encore davantage les délais.

Le Fédéral : Comment est organisée la structure administrative du Guichet Unique ?

FK : Au niveau national, nous avons la direction générale, avec la direction des ressources humaines et celle des finances. Au niveau provincial, chaque province dispose d’un Chef d’Antenne [directeur provincial]. Les antennes sont déjà opérationnelles dans le Haut-Katanga, le Lualaba, le Tanganyika, à Kinshasa, à Matadi et certaines autres provinces.

Le Fédéral : Les entrepreneurs évoquent souvent des problèmes techniques qui ralentissent le processus. Qu’en est-il aujourd’hui ?

FK : Nous avons connu des défis techniques, en particulier liés aux équipements. L’ancien ministre Mutamba a contribué à résoudre plusieurs de ces difficultés. Grâce à l’appui du gouvernement, nous avons stabilisé le système. En général, la création d’une entreprise prend désormais en moyenne trois jours. Il peut y avoir des aléas techniques, mais ils sont de plus en plus rares.

 Le Fédéral : Combien d’entreprises ont déjà été enregistrées depuis l’ouverture de votre antenne dans le Haut-Katanga ?

FK : Depuis notre lancement le 21 décembre 2017, près de 5 000 entreprises ont été enregistrées. Pour faciliter davantage les démarches, nous avons mis en ligne des modèles types de statuts sur notre site web. Cela permet aux entrepreneurs de gagner du temps et d’éviter des erreurs juridiques.

Le Fédéral : Quelles sont les conditions indispensables pour créer une entreprise ?

FK : Les conditions sont très simples. Il s’agit entre autres d’une demande écrite, d’un contrat de bail pour les locaux, des documents d’identité. Les frais sont aussi abordables. Une fois le dossier complet, le traitement est rapide et efficace.

Le Fédéral : Le Guichet Unique est-il ouvert aux investisseurs étrangers ?

FK : Absolument. Nous sommes ouverts à tous, Congolais comme étrangers. La vision du chef de l’État est claire : “il faut créer des millionnaires congolais”. Le Guichet Unique s’inscrit dans cette dynamique en rendant la transition vers le secteur formel beaucoup plus accessible.

Le Fédéral : Un dernier mot ?

FK : Je remercie tous nos partenaires institutionnels et les entrepreneurs qui nous font confiance. Nous encourageons la population à profiter de cette réforme, car elle transforme véritablement le paysage entrepreneurial congolais.

Propos recueillis par Jeef Mwingamb

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