Kinshasa — Le Vice-Premier ministre et ministre en charge de la Fonction Publique, de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service Public, Jean-Pierre Lihau s’est félicité d’avoir découvert un nombre important de fonctionnaires fictifs dans l’administration publique. Ces déclarations continuent de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle du sénateur Christian Kunda Mutoki se démarque par sa rigueur et son attachement aux faits.
Cet enseignant des universités et élu du Haut-Katanga rejette catégoriquement les affirmations du VPM de la Fonction Publique. Il qualifie de « considérations fallacieuses dénuées de tout fondement réel et vérifiable », ces conclusions. Selon lui, le contrôle physique censé appuyer ces constats n’a pas été correctement mené dans plusieurs entités, ce qui fausse radicalement les conclusions du ministère.
Des irrégularités majeures passées sous silence
Dans son intervention, le sénateur Christian Kunda Mutoki a dressé un tableau reprenant des irrégularités qui entachent le processus de vérification des effectifs. Il cite plusieurs cas de figure qui démontrent que plusieurs agents actifs ont été injustement radiés. Dans son analyse, il relève que :
- Plusieurs fonctionnaires en congé maladie dûment justifié ont été considérés comme absents et donc déclarés fictifs,
- Des cadres et agents envoyés en mission pour le compte de l’État ont été classés comme absents, car leur présence physique n’a pas été constatée au moment du contrôle,
- Des enseignants en séjour doctoral dans leur formation à l’étranger dans le cadre de leur avancement professionnel ont été exclus des listes comme s’ils avaient déserté leur poste.
- Les agents bénéficiant d’une mise en disponibilité légale pour des raisons familiales ou personnelles ont eux aussi été rayés, en violation des textes réglementaires.
Le sénateur dénonce aussi le déclassement de certains professeurs ordinaires, qui se retrouvent rétrogradés au rang d’assistants à l’issue dudit contrôle.
Le Sénateur de Lubumbashi, en appelle à la rigueur et à la transparence. Il estime qu’il est urgent que le gouvernement revoie sa méthode de vérification des effectifs, en impliquant des experts indépendants, les syndicats et les structures administratives locales. Il insiste sur le fait que la lutte contre les fonctionnaires fictifs ne doit pas se transformer en une campagne populiste aux dépens des agents honnêtes.
« L’efficacité de la fonction publique ne se mesure pas à coups de déclarations tapageuses, mais à travers une gestion rigoureuse, juste et transparente », a-t-il déclaré.
Jeef Mwingamb