La Police nationale congolaise (PNC) a réalisé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025 à Lubumbashi, un joli coup de filet. Au terme d’une importante opération de bouclage, 159 personnes ont été interpellées, dont une femme, dans la commune de Kenya.
La commune Kenya, considérée comme l’un des foyers de la petite et moyenne criminalité dans la capitale provinciale du Haut-Katanga, est une entité municipale régulièrement citée dans des rapports sécuritaires.
Depuis plusieurs mois, Lubumbashi et d’autres agglomérations de la province font face à une recrudescence de vols à main armée, d’agressions nocturnes et de violences ciblées, alimentant un climat de peur au sein de la population. Ce qui a poussé les autorités policières, à mener une opération nocturne de grande envergure, qui s’inscrit dans un contexte de forte pression sécuritaire. Il s’agissait d’un coup de filet préventif visant à démanteler des réseaux criminels et à dissuader les actes délictueux, ont déclaré les responsables de la PNC.
Parallèlement, une opération similaire a été menée dans la ville frontalière de Kasumbalesa, à plus de 90 kilomètres de Lubumbashi. Dans cette cité stratégique, environ 100 présumés criminels y ont également été arrêtés. Il faut souligner que cette ville est marquée par une forte activité commerciale transfrontalière. Elle est par conséquent souvent confrontée à des phénomènes de contrebande, de banditisme et de criminalité organisée, ce qui en fait une zone sensible pour les services de sécurité.
S’exprimant sur ces opérations, le commissaire provincial de la PNC, le général Blaise Mbula Kilimbalimba, a indiqué qu’un processus de tri est en cours. Selon lui, cette phase est essentielle pour distinguer les personnes réellement impliquées dans des faits criminels de celles arrêtées à titre préventif. Car, faudra-t-il le reconnaitre, beaucoup des bévues ont été constatées de la part des éléments de la police.
Ainsi donc, les dossiers jugés pertinents seront transmis soit à la justice civile, soit à la justice militaire, tandis que certains interpellés pourraient être libérés [Souvent moyennant des sommes d’argent, décrie-t-on, Ndlr] ou orientés vers le Service national pour une prise en charge appropriée.
D’une manière générale, ces arrestations massives sont saluées par une partie de la population, mais, elles soulèvent également des interrogations. Des acteurs de la société civile appellent à la transparence dans le traitement des dossiers et au strict respect des droits humains, afin d’éviter des arrestations arbitraires ou des détentions prolongées sans fondement légal.
Au regard de l’ampleur de l’insécurité à Lubumbashi et les autres coins du Haut-Katanga, ces opérations policières apparaissent comme une démonstration de fermeté de l’État. Toutefois, leur efficacité durable dépendra de la capacité des autorités à traduire les véritables criminels en justice. Cela nécessite la mise en place d’une véritable police de proximité crédible, professionnelle et respectueuse des libertés fondamentales. Les tares observées dans le chef de nos éléments de la police sèment le doute dans l’opinion.
Asia Kayombo Victoria