Tueries de Kasumbalesa : Kambingwa Lukuna Guelord, Tshibangu Jeampi et Bajikishay Kaba Kaba appréhendés, la thèse ethnique battue en brèche

Le drame sanglant de Kasumbalesa, cité frontalière stratégique du Haut-Katanga, a fait au moins 23 morts, plongeant la population dans l’émoi et alimentant des tensions sociales parfois exploitées à des fins de manipulation. Face à la gravité des faits, le commandant de la 22ᵉ région militaire des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général de brigade Eddy Kapend Irung, a décrété l’alerte maximale dans l’ensemble de l’espace Grand Katanga, avertissant que toute tentative de trouble à l’ordre public serait neutralisée avec fermeté.

Les services de sécurité viennent de mettre la main sur quelques présumés auteurs de ces tueries. Il s’agit de Kambingwa Lukuna Guelord, Tshibangu Jeampi et Bajikishay Kaba Kaba. Ce sont des individus réputés pour leur récidive criminelle et déjà recherchés pour des forfaits antérieurs. Leur interpellation marque un tournant majeur dans ce dossier qui a profondément secoué l’opinion publique locale.

Une criminalité interne, pas un conflit identitaire

Contrairement aux rumeurs persistantes faisant état d’un prétendu plan d’élimination d’une communauté ou d’une couche ethnique spécifique, les premiers éléments de l’enquête révèlent que les présumés meurtriers appartiennent à la même communauté socioculturelle que la majorité des victimes. Cette réalité factuelle sape le narratif d’un conflit tribal, largement relayé sur les réseaux sociaux sans fondement probant.

Comme dit un adage populaire : « le ver qui ronge le haricot se trouve à l’intérieur du haricot ». Le drame de Kasumbalesa relève ainsi d’une violence criminelle endogène, nourrie par la précarité sociale, la récidive et l’économie informelle de la frontière.

Un mode opératoire sophistiqué

Les enquêtes indiquent que ces récidivistes ont toujours opéré entre Lubumbashi, Kasumbalesa et Koyo. Leur mode opératoire est bien rodé. Ils utilisent des substances neutralisantes, présentées sous forme de parfum, qu’ils aspergent dans les yeux de leurs victimes. Autre stratégie : l’infiltration du milieu des motards, se faisant passer pour tels afin d’identifier, suivre et piéger leurs cibles potentielles.

Soulagement des autorités locales

Lors de la présentation de ces malfrats devant le commissariat de police, le maire de Kasumbalesa, André Kampampa Kamwanya, a exprimé sa satisfaction face à l’action coordonnée des forces de sécurité. Il a estimé que ces arrestations constituent un signal fort contre l’impunité et un pas décisif vers le rétablissement de la sécurité dans cette ville frontalière sous tension. Il a saisi cette occasion pour inviter ses administrés à la vigilance tous azimuts et à l’étroite collaboration avec les services de sécurité pour dénicher tous ces criminels.

Alerte maximale par les FARDC

Lors de la parade mixte FARDC–PNC, tenue le lundi 22 décembre au camp Major Vangu de Lubumbashi, le général Eddy Kapend a confirmé un bilan provisoire de 23 morts et ordonné le maintien de toutes les unités en alerte maximale. S’il a reconnu une situation sécuritaire « relativement stable » en cette fin d’année 2025, il a cependant insisté sur la fragilité de cet équilibre, mis à mal par la criminalité urbaine, les trafics transfrontaliers et les discours de haine.

Au-delà du drame humain, les événements de Kasumbalesa mettent en lumière des fractures sociopolitiques profondes, exacerbées par la pauvreté endémique, la gouvernance locale contestée et les enjeux économiques autour des corridors miniers et commerciaux. Dans un contexte national marqué par la guerre persistante à l’Est et le resserrement de l’espace démocratique, les autorités redoutent toute instrumentalisation politique de ces violences locales.

Le général Eddy Kapend qui est en tournée de moralisation, a rappelé aux troupes, partout où il passe, le caractère régalien et stratégique de leur mission. Il exhorte les militaires à une discipline irréprochable, une loyauté sans faille envers la République et une vigilance accrue. Entretemps, on constate que les frontières comme Kasumbalesa se trouvent entre criminalité, contestation sociale et manipulation politique qui tendent dangereusement à se confondre.

Consolatte Nawej 2

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