RDC – Propos discriminatoires anti-tutsi: Sylvain Ekenge sanctionné, Mubenga protégé

La suspension du général-major Sylvain Ekenge pour des propos jugés discriminatoires anti-tutsi relance un débat brûlant en République démocratique du Congo : celui de l’égalité devant la loi et de la cohérence de l’action judiciaire face aux discours de haine et aux atteintes à la Constitution.

Le haut gradé des FARDC a été relevé de ses fonctions après des déclarations publiques controversées, perçues comme stigmatisantes à l’égard de femmes issues de la communauté tutsie. Ces propos, largement relayés sur les réseaux sociaux et condamnés par des organisations de défense des droits humains, ont suscité une réaction rapide de la Présidence de la République, qui a rappelé son attachement à l’unité nationale et au respect de toutes les communautés.

Toutefois, cette célérité contraste fortement avec le silence judiciaire entourant d’autres faits, pourtant d’une gravité au moins équivalente, voire supérieure.

En effet, un certain Mubenga, communicant autoproclamé du président Félix Tshisekedi et résidant aux États-Unis, a publiquement tenu des propos d’une extrême violence en qualifiant les Tutsis de « cafards à écraser », une rhétorique historiquement associée aux pires crimes de masse. À ce jour, aucune poursuite judiciaire, aucune interpellation, ni même une condamnation officielle claire n’ont été enregistrées à son encontre.

Plus préoccupant encore, le même individu s’est illustré par des sorties appelant ouvertement à la violation de la Constitution, exhortant le président Félix Tshisekedi à ne pas organiser d’élections à l’issue de son deuxième mandat constitutionnel. Dans un ton défiant, il a publiquement menacé toute voix qui oserait s’y opposer, sans que ces appels à l’insubordination constitutionnelle ne déclenchent la moindre réaction des institutions compétentes.

L’opinion publique reste d’autant plus perplexe que ce communicant controversé a été reçu avec les honneurs à la Présidence de la République, et s’est affiché à plusieurs reprises aux côtés du chef de l’État, sourire aux lèvres, dans des images abondamment partagées.

Dès lors, une question s’impose : la loi s’applique-t-elle avec la même rigueur à tous en RDC ? Si un officier supérieur est promptement sanctionné pour des propos condamnables, pourquoi d’autres acteurs, proches du pouvoir, semblent-ils bénéficier d’une immunité de fait, malgré des discours ouvertement haineux et anticonstitutionnels ?

Dans un contexte national marqué par des tensions communautaires persistantes et des enjeux démocratiques majeurs, cette perception de justice sélective fragilise la crédibilité des institutions et alimente la défiance citoyenne. La cohésion nationale ne saurait être préservée par des sanctions à géométrie variable, mais par une application impartiale de la loi, quels que soient le statut, la proximité politique ou l’utilité supposée des auteurs.

Consolatte Nawej 2

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