RDC–AFC/M23 : un accord humanitaire sous haute tension

A l’issue de pourparlers tenus à Montreux, en Suisse, le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23 ont annoncé une série d’engagements humanitaires, dont la libération de prisonniers dans un délai de dix jours. Malgré cette avancée diplomatique, les combats persistent dans l’est de la RDC.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo et la rébellion armée Alliance Fleuve Congo/M23 ont conclu un accord visant à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et à renforcer les mesures de protection des civils dans les zones affectées par le conflit.

Cet engagement a été annoncé dans un communiqué conjoint publié le 19 avril, à la suite de discussions organisées à Montreux, en Suisse, sous médiation du Qatar. Les négociations se sont achevées deux jours plus tôt, le 17 avril, en présence de représentants de plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis, la Suisse, l’Union africaine et le Togo.

Dans leur déclaration commune, les deux parties ont insisté sur « l’importance cruciale » de garantir une assistance humanitaire « rapide, sans entrave et soutenue » aux populations de l’est du pays, durement touchées par les affrontements armés. Elles se sont également engagées à respecter les obligations prévues par le droit international humanitaire, les droits humains et le droit des réfugiés.

Libération de prisonniers et protection des civils

Parmi les mesures annoncées figure la libération de prisonniers dans un délai de dix jours, présentée comme un geste destiné à renforcer la confiance entre les parties. Le communiqué précise aussi que les protagonistes s’abstiendront de toute action susceptible de perturber l’acheminement de l’aide humanitaire.

Le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont en outre affirmé que la protection des civils demeure une priorité durant les hostilités. Ils promettent notamment de ne pas cibler les infrastructures essentielles à la survie des populations, telles que les réserves d’eau potable, les cultures, les hôpitaux, les écoles, ainsi que les réseaux d’énergie et de télécommunications.

Les deux camps se sont également engagés à sécuriser les travailleurs humanitaires, faciliter les convois d’assistance et prévenir tout détournement ou pillage de l’aide destinée aux populations déplacées.

Un cessez-le-feu encore fragile

Les discussions de Montreux ont abouti à la signature d’un protocole d’accord prévoyant des mécanismes de vérification du cessez-le-feu. Les représentants du M23 et de son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), ont participé aux échanges aux côtés des délégués du gouvernement congolais.

Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’est de la RDC. Depuis fin 2021, le M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda, contrôle plusieurs localités stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Un précédent accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis n’avait pas permis de mettre fin aux affrontements. Peu après cette entente, la prise de la ville stratégique d’Uvira par le M23 avait suscité de vives réactions au sein de la diplomatie américaine, illustrant la fragilité persistante des engagements sur le terrain.

Musema Yote

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