Une mobilisation partielle, mais un signal politique jugé réel
Au lendemain de l’appel lancé par une partie de l’opposition congolaise à observer une “journée ville morte” ce 3 juin 2026, le Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga a livré son évaluation de la situation à Lubumbashi. Un bilan nuancé qui met en évidence une ville globalement fonctionnelle, mais marquée par des poches visibles d’adhésion au mot d’ordre de contestation.
Selon les données communiquées par la structure citoyenne dans son rapport intitulé “Écho de la gouvernance sécuritaire et paix”, près de 75 % de la population lushoise se serait rendue normalement au travail, tandis qu’environ 35 % aurait suivi le mouvement de “ville morte”. Des chiffres qui traduisent, selon plusieurs observateurs, une mobilisation partielle mais loin d’être insignifiante dans la capitale économique du Haut-Katanga.
Cette évaluation intervient après le message de sensibilisation de Madame le Maire de Lubumbashi, Joyce Tunda Kazadi Chansa qui avait appelé la population à maintenir les activités ouvertes et à éviter toute paralysie de la ville.
Plusieurs communes partiellement affectées
Le rapport fait état de perturbations localisées dans plusieurs communes de Lubumbashi. Les zones de Kenya, Kamalondo, Annexe, Golf Faustin, Plateau I, Jolie Site, Katuba ainsi que le Carrefour Gambela ont enregistré une baisse sensible des activités, particulièrement durant les premières heures de la matinée.
Dans certains quartiers, les commerces sont restés fermés jusqu’en milieu de matinée avant une reprise progressive des activités. En revanche, dans plusieurs autres communes de la ville, la circulation et les activités économiques se sont déroulées sans incident majeur.
Les marchés centraux apparaissent parmi les secteurs les plus touchés par le mouvement. La société civile estime à 77 % le niveau d’impact de la journée morte dans les grands centres commerciaux de la ville, signe d’une certaine prudence des opérateurs économiques face au climat politique du moment.
Des écoles peu fréquentées
Le secteur éducatif a également ressenti les effets de cette journée. Au centre-ville, par exemple, les établissements scolaires ont fonctionné avec un effectif réduit estimé à 50 %. Dans plusieurs communes périphériques, notamment Annexe, Kenya et Katuba, la fréquentation scolaire aurait chuté sous la barre des 30 %.
Un constat qui traduit à la fois la prudence des parents et l’influence de l’appel lancé par l’opposition dans certains milieux populaires.
Aucun incident majeur signalé
Sur le plan sécuritaire, le rapport souligne l’absence d’incidents majeurs à Lubumbashi. Les autorités urbaines et les services de sécurité sont félicités pour avoir assuré la protection des personnes et de leurs biens tout au long de la journée.
La fluidité inhabituelle de la circulation a également retenu l’attention. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs points traditionnellement congestionnés de la ville sont restés largement dégagés, donnant à Lubumbashi un visage inhabituellement calme.
Administration et entreprises minières mobilisées

Du côté des services publics et des entreprises privées, notamment minières, la présence du personnel est restée importante. Le rapport note cependant que dans l’administration publique, cette présence pourrait être liée à la crainte de sanctions administratives en cas d’absence.
Dans les sociétés minières, les activités se sont poursuivies normalement avec une présence quasi totale des travailleurs, traduisant la volonté des grandes entreprises de maintenir la continuité des opérations.
Un avertissement politique à ne pas ignorer
Au-delà des chiffres, le Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga estime que cette journée constitue “un message à ne pas négliger”. Sans appeler à une lecture alarmiste de la situation, l’organisation considère que cette mobilisation partielle révèle un climat de malaise social et politique qu’il serait risqué de minimiser.
La structure rappelle enfin l’importance du respect des libertés d’expression, de manifestation et d’opinion garanties par la Constitution de la RDC, plaidant pour une gestion apaisée des divergences politiques dans le pays.
JM (Source : rapport de l’Echos de la Gouvernance sécuritaire et paix)