Haut-Katanga : l’insécurité urbaine reprend de plus belle

Braquages, cambriolages et tensions armées replongent Lubumbashi et ses environs dans la peur

La nuit du vendredi à samedi 8 novembre a encore semé la panique dans la capitale provinciale du Haut-Katanga. Au quartier Hewa Bora dans la commune de Kampemba, une famille a été victime d’une attaque violente vers 1 heure du matin. Des quidams armés des machettes ont semé la désolation au N° 14 de l’avenue Maman ni Maman. Ces malfrats ont emporté une importante somme d’argent et un véhicule de marque Scarp, tout en abandonnant un minibus ’’ Regius’’ qu’ils auraient volé ailleurs.

Cette attaque qui s’ajoute à une longue série d’actes criminels, plonge la population dans une psychose grandissante à l’approche des festivités de fin d’année.

Il sied de signaler depuis la mi-octobre dernier, on assiste à une flambée de violence qui inquiète. Des indicateurs de criminalité sont signalés dans plusieurs coins de la province du Haut-Katanga. Des attaques nocturnes, braquages, vols à main armée et meurtres ciblés ont été signalés dans les principales grandes agglomérations [Lubumbashi , Likasi, Pweto et Mitwaba].
c’est ce qui pousse les organisations citoyennes, telles que le Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga et l’Observatoire citoyen de sécurité, à tirer la sonnette d’alarme. Dans un rapport on peut lire : « la province semble s’enliser dans une spirale d’insécurité difficile à contenir. »

Partout, les témoignages de la population se ressemble. Alors que les autorités déclarent que :  « la situation sécuritaire est relativement calme », les nuits à Lubumbashi sont couvertes d’angoisse et de peur. A Kasapa, golf Malela, Ruashi et Kilobelobe/Naviundu, on enregistre des coups de feu, des effractions, des viols, voire des meurtres. Les patrouilles policières, bien que visibles en journée, peinent à dissuader les malfaiteurs qui opèrent en bandes bien organisées. « Il est inconcevable qu’un cambriolage puisse durer plus d’une heure sans intervention rapide », s’indigne un notable du quartier golf, après l’attaque du 8 novembre.

Des foyers d’inquiétude persistants sont aussi signalés à Likasi, Pweto et Mitwaba. Au camp Génie à Likasi, un incident tragique continue de choquer. En effet, un militaire en formation a ouvert le feu sur un civil à la suite d’une altercation.

Dans l’entretemps, dans les territoires enclavés de Pweto et Mitwaba, les habitants dénoncent le retour de certains groupes Maï – Maï et les exactions de pseudo-agents de sécurité qui imposent des amendes arbitraires exorbitantes Ces pratiques illégales entretiennent la méfiance entre population et forces de l’ordre, aggravant un climat d’insécurité déjà fragile, malgré l’appel à la collaboration par le team leader de la gouvernance sécurité, Bertin Tshoz.

 « La sécurité n’est pas une mission réservée à l’État, c’est une responsabilité partagée. Informons, organisons et soutenons nos forces de l’ordre pour que le Haut-Katanga retrouve la paix », a-t-il exhorté.

G. Wakunonda (Source : Observatoire Citoyen de Sécurité, Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga)

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