Lubumbashi, juillet 2025 – Le géant minier Barrick Gold, à travers sa coentreprise Kibali Gold Mines, se prépare à ouvrir un nouveau chapitre dans le paysage minier de la République Démocratique du Congo. Déjà présent dans le Haut-Uélé avec l’une des plus grandes mines d’or d’Afrique, Kibali s’apprête désormais à exploiter le cuivre dans la province du Haut-Katanga. Une évolution stratégique qui intervient dans un contexte global où le cuivre devient un métal hautement stratégique, au cœur des enjeux de transition énergétique mondiale.
Un repositionnement stratégique
Alors que Barrick Gold vise à doubler son exposition au cuivre, la RDC – et particulièrement le Haut-Katanga – s’impose comme un terrain idéal. Dotée de gisements parmi les plus riches au monde, la région attire de plus en plus les investissements étrangers. Le projet cuprifère de Kibali vient confirmer cette attractivité, tout en diversifiant l’activité de Barrick en RDC, jusque-là centrée sur l’or.
Selon la direction de l’entreprise, ce projet permettra non seulement de renforcer sa position sur le marché mondial des métaux critiques, mais aussi d’apporter une contribution significative à l’économie congolaise. Il est également annoncé que le projet s’accompagnera de programmes de développement communautaire, d’éducation, de santé et d’accès à l’énergie.
Entre opportunités et défis
L’exploitation du cuivre par Kibali est porteuse d’opportunités majeures : création d’emplois, dynamisation de l’économie locale, amélioration des infrastructures et montée en compétences des ressources humaines. Mais cette phase s’annonce également complexe.
Parmi les défis à relever figurent :
- Le cadre réglementaire congolais, jugé parfois instable ou peu prévisible ;
- Les questions environnementales, notamment les impacts de l’exploitation sur les écosystèmes fragiles ;
- La cohabitation avec les exploitants artisanaux, souvent en conflit avec les intérêts industriels ;
- L’accès aux équipements et infrastructures logistiques, encore déficients dans certaines zones.
Barrick affirme néanmoins vouloir agir en respect des standards internationaux en matière d’environnement, de gouvernance et de responsabilité sociétale. Des discussions sont en cours avec les autorités congolaises pour garantir une mise en œuvre inclusive et durable du projet.
Une chance pour la souveraineté minière congolaise
Au-delà de l’intérêt économique immédiat, cette initiative relance le débat sur la souveraineté minière et sur la capacité de l’État congolais à tirer parti de ses ressources naturelles. Alors que le pays s’efforce de restructurer son code minier et de renforcer la transparence dans le secteur extractif, le cas Kibali Copper pourrait devenir un test grandeur nature.
Si l’exploitation est menée dans un esprit de partenariat équitable, elle pourrait non seulement enrichir le portefeuille de Barrick, mais aussi symboliser une nouvelle ère de coopération gagnant-gagnant entre la RDC et les grandes multinationales.
Jeef Mwingamb