Le sang continue de couler dans l’Est de la RDC. Quelques jours seulement après le massacre de Komanda, un nouveau drame vient endeuiller le territoire de Lubero où 8 civils, dont des enfants de moins de dix ans, ont été froidement exécutés par les rebelles ADF dans la chefferie des Baswagha.
Les faits ont été révélés grâce au témoignage d’un rescapé, parvenu à s’échapper de la captivité. Selon Moïse Kahuyu, premier rapporteur de la société civile de Vuyinga, les corps sans vie ont été retrouvés entre les rivières Lindi et Lubero, dans une zone totalement livrée à l’ennemi.
Une tragédie de plus, dans un territoire où l’Etat semble avoir déserté ses responsabilités. Depuis des mois, malgré les opérations conjointes FARDC-UPDF, les massacres se poursuivent, implacables. Les groupes armés tuent, enlèvent, rançonnent, pendant que Kinshasa parle réforme, relance, élections ou diplomatie internationale.
Sur le terrain, l’autorité de l’Etat est réduite à des communiqués de presse, des promesses de « restauration de la paix », et des réunions sécuritaires sans lendemain. Pendant ce temps, des familles entières sont exterminées dans les forêts oubliées du Kivu et de l’Ituri.
Jusqu’à quand ? La question, lancinante, hante les survivants et les communautés abandonnées. L’armée congolaise est-elle réellement à la hauteur du défi ? La coopération régionale est-elle efficace ou simplement cosmétique ? La faiblesse de Kinshasa face à ces tragédies récurrentes finit par être complice. Et l’Est, lentement, meurt dans l’indifférence nationale.
La rédaction