Lubumbashi, 4 août 2025 — Une scène surréaliste s’est jouée le lundi matin à l’hôtel de ville de Lubumbashi. Le climat déjà tendu entre les deux têtes de l’exécutif urbain s’est mué en affrontement symbolique entre Joyce Tunda, maire adjointe déterminée à assumer les pleins pouvoirs, et Patrick Kafwimbi, maire intérimaire désigné par la Vice-Primature de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières.
Tout a commencé par l’arrivée théâtrale de Joyce Tunda Kazadi, qui a ostensiblement garé son véhicule à l’emplacement réservé au maire titulaire. Entrant dans l’enceinte de la mairie sous les applaudissements de quelques partisans acquis à sa cause, elle a ainsi posé un acte interprété comme une tentative de prise de pouvoir de facto. Une posture que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier « d’usurpation d’autorité » ou de « témérité ».
De son côté, Patrick Kafwimbi, fidèle à son style réservé, a évité la confrontation directe. Il s’est contenté de se rendre à un emplacement discret, laissant parler sa légitimité institutionnelle. Les éléments de la police affectés à la sécurité de la mairie lui ont, quant à eux, réservé les honneurs dus à sa fonction.
Les services de sécurité avaient mis la main sur quelques individus zélés dans le camp de la maire adjointe. Une stratégie pour les éloigner du rayon afin de ne pas envenimer la situation par leur agitation injustifiée, a-t-on renseigné. Après ils ont recouvré leur liberté.
Face à ce climat de tension croissante, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jaquemin Shabani Lukoo, a réagi rapidement pour faire sentir l’autorité gouvernementale. Dans une note officielle envoyée par télégramme, il a enjoint Joyce Tunda à se présenter à son cabinet à Kinshasa dans un délai de 48 heures toutes affaires cessantes, soit au plus tard le jeudi 7 août. A l’heure actuelle, aucune suite n’a encore été donnée à cette convocation par l’intéressée.
Dans la ville, les Lushois observent avec attention les développements de cette affaire, qui cristallise les tensions politico-administratives autour de la gestion de la deuxième ville du pays. Nombreux s’interrogent : à quoi joue la maire adjointe ? Et surtout, quelle sera la réaction du ministère de l’Intérieur au moment où le délai vient d’expirer ?
Au moment de cette rédaction, on apprend que Mme la maire adjointe est encore à Lubumbashi. Un calme semble revenir. Car elle a été à son poste de travail ce vendredi 8 août 2025 sans qu’un incident ne soit signalé. Est-elle revenue à la sagesse ou craint-elle le courroux du VPM reconduit dans le gouvernement Suminwa II ? L’avenir nous en dira plus !
L’œil du Jaguar