Coupure du courant dans certains territoires du Haut-Katanga : le député Serge Chembo Konde exige des comptes

Face aux coupures d’électricité consécutives à la suspension de la fourniture par la société zambienne ZESCO, l’honorable Serge Chembo Konde hausse le ton contre la Société Nationale d’Électricité (SNEL) et interpelle le gouvernement sur une dette estimée à 3 milliards de dollars liée à un contrat datant de 2018. L’élu dénonce une situation paradoxale où les populations paient leurs factures pendant que des zones minières stratégiques du Haut-Katanga sombrent dans l’obscurité. Une question écrite a été ainsi déposée le mardi 24 février 2026 contre le ministre en charge des Ressources hydrauliques et Electricité.

Kinshasa — La crise énergétique qui frappe plusieurs territoires frontaliers du Haut-Katanga, notamment Sakania, Pweto et Kasenga, prend une tournure politique. En sa qualité d’élu de Sakania, l’honorable Serge Chembo Konde s’est officiellement insurgé contre la gestion de la fourniture d’électricité par la Société Nationale d’Électricité (SNEL). A la base, l’interruption de la fourniture du courant par la société zambienne Zambia Electricity Coorporation (ZESCO), invoquant des arriérés de paiement évalués à près de 3 milliards de dollars pour un contrat en vigueur depuis 2018.

Dans une démarche de contrôle parlementaire, le député national a déposé une question écrite adressée au ministre en charge des Ressources hydrauliques et de l’Électricité en vue d’éclairer une « insolvabilité incompréhensible ».

L’objectif de l’élu de Sakania est d’obtenir des explications précises sur les raisons de cette supposée insolvabilité, alors que la population était en train de s’acquitter régulièrement de ses factures de consommation d’électricité auprès de la SNEL.

Pour l’élu du peuple, l’équation reste incompréhensible. Comment justifier une dette aussi colossale vis-à-vis du fournisseur étranger pendant que les usagers locaux honorent leurs obligations de paiement ? Cette situation, estime-t-il, soulève des interrogations sur la gestion financière et la traçabilité des recettes issues de la consommation énergétique.

L’inquiétude de Serge Chembo Konde se renforce d’autant plus que les entités touchées par ces coupures sont à forte vocation minière. Riches en ressources cuprifères et tournées vers l’exportation, ces territoires contribuent largement aux recettes de l’État congolais.

Pour le parlementaire, il est paradoxal que des zones générant d’importantes richesses grâce à l’exploitation du cuivre se retrouvent privées d’électricité, un facteur pourtant essentiel au développement économique local et à la transformation industrielle.

Des générateurs jugés insuffisants et inadaptés

En guise de solution palliative, la SNEL a annoncé le déploiement de groupes électrogènes dans certaines localités affectées. Une réponse que l’honorable Konde qualifie de « palliatif moqueur » et inadapté aux réalités socio-économiques du terrain.

Selon lui, l’électricité dans ces territoires ne sert pas uniquement aux besoins domestiques. Elle alimente également des activités productives essentielles telles que les moulins, les ateliers de soudure, les petites unités de transformation et d’autres services indispensables à la vie économique locale. Dans ce contexte, le recours aux générateurs apparaît insuffisant face aux besoins énergétiques structurels des populations et des opérateurs économiques.

Vers une possible interpellation

Déterminé à obtenir des réponses claires, l’élu double brassard de Sakania prévient que cette question écrite constitue une première étape. A défaut d’explications jugées satisfaisantes de la part du ministre compétent, il envisage d’engager une procédure d’interpellation conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Au-delà d’une simple panne technique, la crise énergétique dans le Haut-Katanga s’impose désormais comme une question de gouvernance, de transparence financière et de justice sociale. Pour les habitants des territoires concernés, le retour durable de l’électricité représente non seulement une urgence économique, mais aussi une exigence de dignité dans une région pourtant au cœur de la production minière nationale.

L’œil du Jaguar

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