Haut-Katanga – Un télégramme daté du 12 août 2025, émanant de la 22ᵉ région militaire et signé par ordre du commandant adjoint, est devenu viral sur les réseaux sociaux. Adressé aux commandants de grandes unités, ce document ordonne la mise en alerte maximale des troupes pour sécuriser les axes d’entrée de la ville de Lubumbashi et des points stratégiques, dont la prison, l’aéroport international de Luano, la mairie, la station de la RTNC et les différents camps et lieux militaires (et de la police nationale). Cette mesure exige aussi la réduction des mouvements des hommes de troupe tout en activant les systèmes de renseignements. On a l’impression qu’il y aurait détection d’un mouvement suspect aux abords de la capitale cuprifère.
Pour s’en convaincre, à la veille de l’émission de ce message de haute importance, le 11 août, 7 individus, dont 5 militaires, 1 policier et 1 civil avaient été interpellés. Certains d’entre eux, habillés en uniforme au moment de leur arrestation, ont été présentés à la presse par la Police nationale congolaise (PNC).
Selon les autorités, ces hommes appartiendraient à un réseau criminel infiltré dans les forces de sécurité, mêlant militaires déserteurs, patrouilleurs corrompus et complices liés à la bande du tristement célèbre « Action », déjà condamné à mort pour plusieurs affaires criminelles.
Sous la supervision du commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba Mbula, la présentation publique a pris la forme d’une mini-parade. Ce dernier a dénoncé des agissements qui sapent la mission des forces de l’ordre : « La Police ne peut pas tolérer des brebis galeuses dans ses rangs. Ces opérations vont se poursuivre. », a-t-il souligné avec véhémence.
Les opérations de contrôle et de sécurisation vont se multiplier dans les jours à venir, affirme la PNC, qui entend restaurer la confiance avec la population dans un contexte marqué par les abus, le racket et les dérives de certains éléments censés protéger les citoyens.
Cette double actualité : alerte militaire maximale et démantèlement d’un réseau criminel en uniforme, illustre l’ampleur des défis sécuritaires à Lubumbashi, où les forces de l’ordre sont engagées sur deux fronts : la prévention des menaces extérieures et l’assainissement de leurs propres rangs.
Il faut signaler les barricades des militaires en certains endroits commencent à peser sur les épaules des citoyens. Des éléments de sécurités en faction y trouvent une occasion de rançonner les passants et parfois d’inventer des infractions pour leur soutirer de l’argent de force. Le souhait de la population est de voir les autorités militaires et de la police improviser des contrôles à des différents postes, au besoin de procéder à de relèves régulières.
L’œil du Jaguar