RDC–Rwanda : Washington arrache la signature du volet économique

Plus de quatre mois après la poignée de main symbolique du 27 juin, Kinshasa et Kigali ont finalement paraphé, dans la capitale américaine, le cadre d’intégration économique prévu par l’accord de paix. Un pas décisif, sous l’œil attentif des médiateurs qatari et américain, malgré les fortes réticences observées initialement du côté congolais.

La scène s’est jouée dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre, dans une salle hautement sécurisée du Département d’État à Washington. Les délégués de la République démocratique du Congo et du Rwanda ont finalement apposé leurs signatures sur le document final du volet économique du processus de paix du 27 juin. Une avancée qualifiée de « majeure » par les médiateurs du Qatar et des États-Unis. L’on signale des négociations très laborieuses pour y parvenir.

Le suspens était long. Car, le texte était pourtant prêt depuis fin août et que les deux délégations étaient techniquement prêtes à signer. Kinshasa avait brusquement freiné, argumentant qu’aucune avancée concrète n’était observée sur les aspects sécuritaires pouvant justifier un engagement économique. Autrement dit, Kinshasa avait envoyé un signal clair à Kigali et aux médiateurs que les dividendes économiques ne peuvent suivre sans la désescalade militaire sur le terrain.

Le blocage a finalement cédé le vendredi soir, sous la supervision du duo Allison Hooker – Massad Boulos, respectivement sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques et conseiller spécial pour l’Afrique. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, et sa collègue congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, ont enfin paraphé le texte. Certains observateurs indiquent que c’est dans un climat à la fois solennel, mais de prudence.

Le document fixe les axes de coopération économique entre Kinshasa et Kigali. Il s’agit entre autres du commerce transfrontalier, des infrastructures, de la gestion des ressources naturelles et des flux logistiques. Ce qui pourra ouvrir la porte à un appui technique et financier américain. Mais la prudence est inscrite en filigrane. En effet, la mise en œuvre est strictement conditionnée à l’exécution satisfaisante du CONOPS (concept d’opérations) et de l’OPORD (ordre opérationnel), qui sont deux mécanismes censés encadrer le processus de stabilisation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

En clair, l’économie ne décollera que si la paix avance réellement. Une équation fragile, dont Washington et le Qatar se posent désormais garants.

Joseph de l’enfant Jésus

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