Lubumbashi : l’impasse de la salubrité

La saleté refait surface avec une force inquiétante dans la ville de Lubumbashi. A chaque coin de rue, à chaque pluie, à chaque marché pirate qui bourgeonne sur un trottoir, l’opinion constate un spectacle désolant qui interroge. Et la question devient pressante : comment une ville jadis vitrine urbaine du pays en est-elle arrivée là ? Où sont les autorités urbaines et municipales ?

Les citoyens, eux, n’ont aucun doute : le désordre administratif qui secoue la mairie de Lubumbashi n’est pas étranger à cette dérive. Comment assurer une gouvernance cohérente lorsque deux maires intérimaires se disputent les commandes, l’un désigné par arrêté du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, l’autre par simple notification du vice-ministre ? Cette confusion institutionnelle a ouvert une brèche où s’engouffrent l’inaction, la déresponsabilisation et l’absence d’autorité.

Mais l’explication ne saurait s’arrêter là. Ce chaos visible dans les avenues/rues est aussi le reflet d’une inefficacité persistante des services censés assurer la propreté urbaine. Certains agents n’ont plus d’orientation claire, d’autres se disent ne pas être motivés, et beaucoup se contentent d’une présence symbolique sur le terrain. Le résultat est bien perceptible : les déchets s’accumulent, les caniveaux se bouchent, les routes se transforment en coulées boueuses dès la tombée de la pluie.

Car oui, dame la pluie n’a fait qu’exposer au grand jour ce que les humains ont voulu dissimuler : l’absence criante d’un drainage adapté à une mégapole de plus de deux millions d’habitants. A Lubumbashi, chaque saison des pluies agit comme un miroir impitoyable, révélant les failles d’un urbanisme improvisé, les rues livrées à elles-mêmes, et un management municipal incapable de planifier sur le long terme.

A cela s’ajoutent des phénomènes devenus presque « normaux » : la prolifération tolérée des marchés pirates, – un incivisme généralisé où chacun jette ce qu’il veut, où il veut,
– et le manque évident d’un programme cohérent de gestion urbaine de déchets.

Lubumbashi mérite plus qu’une navigation à vue dictée par des rivalités administratives. Plus qu’un système où l’on éteint des incendies à répétition. Plus que des autorités qui ne se sentent responsables que lorsqu’une photo circule sur les réseaux sociaux.

Cet éditorial est un appel à la restauration de l’autorité municipale, à professionnaliser les services de salubrité, à réorganiser les marchés, à sanctionner l’incivisme et surtout à repenser le drainage d’une ville devenue trop grande pour être gérée comme un village.

La saleté à Lubumbashi n’est pas une fatalité. Elle est le symptôme d’un système en panne.
il appartient à ceux qui en ont le mandat d’avoir le courage de le réparer en recourant aux sociaux, comme les universités.

Parus cette semaine

1er mai en RDC : fête du travail ou illusion collective ?

Chaque année, la Journée internationale du travail est célébrée avec faste en République démocratique du Congo. Défilés, discours officiels, promesses réitérées. Mais derrière la...

Lubumbashi – Marché Mimbulu : après le drame, le chaos demeure

Lubumbashi - Marché Mimbulu : après le drame, le chaos demeure A Lubumbashi, le temps des avertissements ignorés semble avoir atteint son point de rupture....

Pasteur Gaspard Mpoyi wa Mpoyi : discours de haine au nom de la foi ?

A Lubumbashi, les propos du pasteur Gaspard Mpoyi wa Mpoyi contre les Katangais opposés à une révision constitutionnelle soulèvent une vive inquiétude sur la...

HAUT-KATANGA : Georges Babunyi Mbau et le FOREC unissent leurs efforts contre la vie chère

Le ministre provincial de l’Économie du Haut-Katanga, Georges Babunyi Mbau, a reçu ce lundi 4 mai 2026 une délégation du Fonds de Régulation Économique (FOREC), conduite par son secrétaire exécutif, le professeur Jean-Paul Nemo Yato. Cette rencontre stratégique s’inscrit dans une dynamique de lutte contre la vie chère et de recherche de conditions d’existence plus dignes pour les populations du Haut-Katanga, durement affectées par la hausse persistante des prix des produits de première nécessité.

Sur le même sujet