Faux pas administratif à la Mairie de Lubumbashi : Patrick Kafwimbi relégué dans l’ombre

La crise de leadership qui secouait la mairie de Lubumbashi vient, finalement, de connaître un dénouement inattendu, relevant à la fois du défi au bon sens et d’une torsion du droit administratif. Alors que les partisans de Joyce Tunda jubilent, ceux de Patrick Kafwimbi se murent dans le silence, refroidis par ce retournement aussi brutal qu’incompréhensible. Le revers de la médaille révèle une gouvernance minée par un clientélisme assumé et une logique politique difficile à justifier.

A peine 48 heures avant le bouleversement, le jeune maire ad intérim inaugurait un nouveau cimetière moderne — sa dernière activité publique — sans imaginer qu’il allait être rétrogradé pour endosser le rôle d’adjoint. Même son entourage ignorait qu’il serait poussé à céder sa place, après avoir constaté que tous les efforts destinés à inverser la tendance étaient voués à l’échec.

Selon nos informations, il se serait vu menacer d’être exclu durablement des postes publics s’il persistait dans son refus. La survie politique a donc dicté son choix, surtout dans un environnement où le modus operandi du régime laisse transparaître une logique ethnique et l’influence écrasante de certaines coteries.

Un scénario inédit dans les annales administratives

La situation à la mairie de Lubumbashi frise l’absurde. Un maire ad intérim, nommé par un arrêté dûment signé par le Vice-premier ministre de l’Intérieur, se retrouve rétrogradé au rang d’adjoint, tout en continuant à assumer l’intérim. Pendant ce temps, son subalterne est propulsé maire titulaire. Une première dans l’histoire administrative du pays : un véritable défi lancé à la cohérence étatique.

La logique institutionnelle imposait pourtant une démarche simple : défaire l’arrêté initial par un acte contraire de la même autorité. Mais Eugénie Tshiela, vice-ministre de l’Intérieur, n’a pas suivi ce parallélisme de forme. Pour beaucoup, la conclusion est claire : « Bukalenga bwetu, ubenga uya » (C’est notre pouvoir ; si tu ne veux pas, tu pars). Kafwimbi a compris le message.

Selon des sources crédibles, la machine UDPS/TSHISEKEDI a imposé son choix malgré la résistance du VPM Jacquemin Shabani, lequel s’est retrouvé isolé dans sa tentative de protéger le jeune Katangais.

La notification du 23 octobre 2025, révélatrice du scandale, porte d’ailleurs la signature de la vice-ministre Tshiela, en l’absence de son titulaire, pourtant considéré comme l’allié de Kafwimbi.

Les efforts de la communauté Sempya, à laquelle appartient le maire rétrogradé, se sont soldés par un échec. Les intérêts partisans prenant une fois de plus le dessus sur la légalité et la cohérence administrative.

Toujours d’après nos sources, l’intervention du chargé de mission du Chef de l’État pour le Katanga, Thierry Zonde, a été déterminante pour convaincre l’association Sempya, via son président Michel Kalwa, lui intimant d’abandonner toute revendication.

Dans les coulisses, cette « résignation » s’expliquerait par des pressions : interpellation du bourgmestre de Kamalondo, reproches pour une déclaration jugée sectaire, et — selon certaines sources — promesse d’un « voyage » à Kinshasa destiné à calmer les ardeurs et graisser quelques rouages.

Les Katangais dénoncent depuis longtemps la politique du régime qui, selon eux, favoriserait les non-originaires au détriment des autochtones.  Une pratique qui, soulignent-ils, ne se retrouve pas ailleurs et met en péril le vivre ensemble.

Pour l’instant, Joyce rumine déjà sa vengeance. Plusieurs agents faisant partie du cabinet de Patrick Kafwimbi ont été mis à la touche sans aucune autre forme de procès.

G. Wakunonda

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